Dans la chaleur étouffante de l'Amazonie brésilienne, Megaron Txucarramae, à 75 ans, prépare son ascension en tant qu'héritier de son oncle, le célèbre cacique Raoni Metuktire, pour défendre les précieuses terres de son peuple. Avec ses longs cheveux argentés, il se bat contre la déforestation et l'orpaillage illégal, et s'emploie à préserver non seulement la forêt, mais aussi la culture et la santé de sa communauté, comme il l'a déclaré lors d'un récent rassemblement des leaders kayapos à Pykany, dans l'État du Para.
Megaron a grandi en étant témoin des violences perpétrées par des orpailleurs et fermiers, qui ont tenté de s'approprier les terres ancestrales. "J'ai assisté à l'assassinat de mes oncles sous mes yeux", a-t-il partagé. Ce passé tragique le motive à poursuivre la lutte que son oncle a entamée. Raoni, dont l'état de santé est préoccupant, a œuvré toute sa vie pour alerter le monde sur la destruction de l'Amazonie.
Un héritage de lutte et de résistance
Megaron a été aux côtés de Raoni lors des manifestations contre des projets destructeurs comme le barrage de Belo Monte sur le Xingu. Cette mobilisation, qui a coûté à Megaron son poste de coordinateur de la Funai, l’a profondément engagé dans la cause autochtone. Aujourd'hui, il est considéré comme le porte-voix de la résistance kayapo. "Je suis déterminé à continuer le combat pour protéger notre forêt, notre culture et notre identité", affirme-t-il.
Les incursions d'orpailleurs se sont intensifiées ces dernières années, exacerbées par la hausse des cours de l'or. "Le gouvernement n'a pas agi pour les expulser", déplore Megaron, qui prévoit de voyager en Europe pour rencontrer des joailliers comme Cartier afin de les inciter à éviter l'or provenant des territoires autochtones.
Des défis à venir alors que l’élection approche
Alors que le Brésil se prépare pour les élections présidentielles d'octobre, Megaron Txucarramae exprime ses inquiétudes concernant un retour au pouvoir d’une droite anti-indigène. Luiz Inacio Lula da Silva, le président actuel, affronte Flavio Bolsonaro, fils de l’ancien président Jair Bolsonaro, connu pour sa politique de déforestation exacerbée. Bien que Lula ait homologué vingt nouvelles terres autochtones depuis 2023, plusieurs communautées autochtones estiment qu'il pourrait faire davantage.
La lutte pour l'Amazonie est loin d'être terminée, et avec Megaron à sa tête, le peuple kayapo reste déterminé à défendre ses droits et son environnement face à des menaces toujours plus pressantes.







