De nombreuses classes sont en surchauffe. Une étude menée par le Syndicat national des enseignements de second degré, Snes-Fsu, a révélé que 77,6 % des collèges et lycées ont enregistré des températures supérieures à 30°C depuis lundi dernier.
Bien qu'aucune donnée ne soit disponible pour les écoles primaires, de nombreux enseignants témoignent sur les réseaux sociaux de circonstances similaires. À Soustons, dans les Landes, une école élémentaire a même décidé, en concertation avec la mairie, de fermer ses portes en fin de semaine, après que des températures record de 53°C aient été mesurées dans les couloirs de l'établissement.
"Il faisait trop chaud, je n'ai pas pu les envoyer à l'école"
Des parents, bien que minoritaires, prennent l'initiative de ne pas envoyer leurs enfants à l'école. Émeline, mère de deux filles de 5 ans scolarisées en moyenne section, confie : "Mardi, je ne les ai pas envoyées car il faisait beaucoup trop chaud. Le matin, les classes affichaient 26°C, et je crains qu'à midi, cela soit monté à 32°C, voire 33°C !" Sur BFM, elle déclare que la direction de l'école a désapprouvé son choix :
"La directrice m'a dit qu'il était nécessaire qu'elles soient à l'école pour apprendre. Mais si elles n'y font que se plaindre toute la journée, je me demande vraiment à quoi ça sert. Les enseignantes ne sont pas là pour gérer des enfants agités à cause de la chaleur."
Émeline, en télétravail, a décidé de garder ses filles à la maison pour organiser ses journées. "Elles peuvent se baigner le matin, et l'après-midi, rester au frais à la maison", explique-t-elle. Elle déplore que l'école n'ait pas été rénovée depuis 50 ans et appelle à plus de flexibilité.
Sur le même sujet, le ministère de l'Éducation nationale a confirmé que les fermetures d'écoles doivent être exceptionnelles. Certaines établissements adoptent donc des stratégies adaptatives. Caroline, enseignante dans les Landes, affirme : "Pour jeudi, considéré comme la journée la plus chaude, nous avons permis aux parents de venir chercher leurs enfants à 14 heures". Elle observe une agitation accrue parmi ses élèves en raison de la chaleur.
À Lons, dans les Pyrénées-Atlantiques, les enseignants recommandent de ne pas envoyer les enfants à l'école l'après-midi. Mouna, une mère, précise : "L'institutrice nous a suggéré de garder nos enfants à la maison. J'ai suivi ce conseil car il s'agit d'un compromis judicieux." Elle mentionne également que sa fille de trois ans a souffert de maux de tête et que plusieurs enfants ont été pris en charge par les pompiers la semaine précédente en raison de la chaleur accablante.
Conditions de chaleur insoutenables dans les établissements scolaires
La situation des infrastructures scolaires est dérangeante. Selon un rapport du collectif Alliance écologique et sociale (AES) publié en septembre 2025 et relayé par le Snes-FSU, près de 90 % des établissements scolaires du secondaire ne respectent pas les normes de basse consommation, et 10 à 20 % des bâtiments sont dans un état insatisfaisant.
Julien, professeur d'histoire-géographie à Châteauneuf-sur-Sarthe, témoigne que certains parents ont également choisi de garder leurs enfants à la maison en raison des conditions insupportables dans leur collège. "Il n'y a pas eu d'instructions particulières, mais face à la chaleur extrême, certains ont compris que ce n'était pas tenable, surtout à ce stade de l'année scolaire où les notes sont déjà fixées", a-t-il ajouté.
"Je pense qu'il est inacceptable de travailler dans un environnement où les températures atteignent 30-35 °C", conclut Julien, appelant à une refonte des infrastructures scolaires prévues pour l’avenir.
Cette problématique de chaleur excessive dans les écoles soulève d'importantes questions sur les normes d'accueil et de sécurité des enfants face aux conditions climatiques changeantes. De nombreux enseignants comme Marie, en Ille-et-Vilaine, expriment leur désaccord avec les directives de l'Éducation nationale, soulignant l'écart avec la réalité des salles de classe. "Nous avons des stores qui fuient, et je me retrouve avec 30,6°C à l'intérieur", déplore-t-elle.
Quant à Pauline, enseignante en maternelle dans l'agglomération d'Elbeuf, elle navigue à travers les défis d'une salle de classe peu adaptée à la chaleur. "La sécurité incendie m'empêche de fermer les volets, ce qui aggrave les conditions de chaleur", affirme-t-elle, soulignant les effets néfastes de l'ambiance chaude sur les jeunes élèves.
Les parents, notamment dans les quartiers défavorisés, sont souvent réticents à faire entendre leur voix sur les conditions de scolarisation de leurs enfants. Pauline conclut en appelant à une prise de conscience des mairies face à cette problématique pressante : "Il est urgent d'investir dans la rénovation des établissements pour permettre un meilleur accueil des enfants face à ces nouvelles réalités climatiques."







