Selon Hervé Morin, ancien ministre des Armées, les États-Unis ont dû "récupérer tous leurs missiles dans la zone Asie-Pacifique" pour soutenir leur opération Epic Fury, ce qui soulève des inquiétudes quant à la sécurité de Taïwan, dont Washington assure la protection.
Ces propos proviennent d'une interview sur CNews. Pour visionner le reportage complet, cliquez sur la vidéo ci-dessus.
Les États-Unis auraient potentiellement retiré des armes destinées à protéger Taïwan, selon Hervé Morin. Il a affirmé : "Ils ont dû récupérer tous les missiles de la zone Asie-Pacifique pour participer à cette opération, ce qui affaiblit la présence militaire américaine et, en conséquence, la sûreté de Taïwan. Cela ne fait pas de doute," a-t-il déclaré.
Les États-Unis, garants de la sécurité de Taïwan
Les États-Unis sont traditionnellement les garants de la sécurité de Taïwan, et ils possèdent plusieurs bases militaires proches de l'île, notamment au Japon, en Corée du Sud et à Guam. Ces installations militaires comprennent des bases aériennes et navales, ainsi que le QG de la 7e flotte américaine, depuis lequel opère notamment le porte-avions à propulsion nucléaire USS George Washington.
Cependant, des interrogations subsistent concernant la réaffectation d'armements de ces bases au Moyen-Orient. Vincent Arbaretier, lieutenant-colonel et expert en géopolitique, a précisé : "Il y a certaines informations que l'on ne pourra jamais confirmer. Il est possible que des munitions aient été transférées, mais seul un système de renseignement très avancé pourrait nous donner une image claire de la situation actuelle, étant donné le volume de matériel déjà engagé au Moyen-Orient."
L'intensité du conflit dans le détroit d'Ormuz met les stocks militaires américains sous tension
Il y a un consensus parmi les experts : l'intensification des conflits dans le détroit d'Ormuz exerce une pression significative sur les stocks militaires américains. Taïwan dépend grandement de l'armement américain pour sa défense, notamment de la livraison d'équipements destinés à dissuader une éventuelle invasion chinoise. En décembre 2025, les États-Unis avaient approuvé la vente de nombreux systèmes d'armement, y compris des lance-roquettes et des missiles longue portée.
Cependant, plus les États-Unis déploient de munitions au Moyen-Orient, moins ils sont en mesure de fournir un soutien militaire à Taïwan. Récemment, le Pentagone a même annoncé une suspension des ventes d'armes : "Actuellement, nous faisons une pause pour nous assurer de disposer des munitions nécessaires pour l'opération Epic Fury," a précisé Hung Cao, secrétaire par intérim de la Marine américaine.
Aucune preuve ne permet d'affirmer catégoriquement que des armes destinées à Taïwan ont été retirées pour la guerre au Moyen-Orient. Cependant, le risque évoqué par Hervé Morin est bien réel. Si le conflit perdure, les États-Unis pourraient rencontrer des difficultés pour maintenir leur niveau de soutien militaire à l'île.
Parmi nos sources :
Articles de presse :
Rapports :
Experts :
Vincent Arbaretier, lieutenent colonel, docteur en sciences politiques et en histoire contemporaine (Linkedin, CNAM)
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