L’Organisation météorologique mondiale (OMM) a récemment mis en garde sur une probabilité de 80% d'un épisode El Niño entre juin et août 2023, apportant son lot potentiel d'événements climatiques extrêmes. Ce phénomène climatique pourrait avoir des répercussions mondiales significatives.
Une situation alarmante pour les mois à venir
Selon l'OMM, l’augmentation des températures « exceptionnellement chaudes » des eaux du Pacifique tropical crée des conditions propices à la formation d’un El Niño, susceptible d'influer sur les régimes de température et de précipitations à l’échelle mondiale. Ce phénomène naturel, qui se produit typiquement tous les deux à sept ans, peut aussi entraîner des extrêmes climatiques.
Le climatologue Stéphane Terray, expert en climatologie, indique que « l’intensité d'El Niño pourrait être modérée à forte, et ceci pourrait aggraver des phénomènes comme les sécheresses ou les inondations dans plusieurs régions du monde ». En novembre, la probabilité que cet épisode se maintienne pourrait dépasser les 90%. Selon Météo-France, El Niño influence non seulement la température des eaux de l'océan mais modifie aussi la circulation atmosphérique mondiale.
Des avertissements sur les impacts mondiaux
Les impacts prévisibles sur les événements climatiques sont d'ores et déjà observés. Entre fin avril et mi-mai 2023, les températures de surface de la mer dans le Pacifique équatorial ont frôlé les seuils d’alerte, dépassant de plus de 6°C la normale saisonnière, selon des rapports récents. Cette tendance est confirmée par des experts de la NOAA qui ajoutent que les conditions actuelles sont favorables à l'apparition d'une phase intense.
La secrétaire générale de l'OMM, Celeste Saulo, a également exprimé ses craintes en soulignant la nécessité de se préparer pour un possible El Niño puissant : « Cela pourrait augmenter le risque de sécheresse, de fortes pluies, et de vagues de chaleur, affectant à la fois la terre et les océans ». De plus, l'OMM s'inquiète des conséquences sur les zones touchées par la mousson en Asie et la Corne de l'Afrique.
Un appel à l'action
Dans des déclarations récentes, Antonio Guterres, le secrétaire général de l'ONU, a réitéré l'urgence climatique que représente cette situation, avertissant que « les effets d'El Niño viendront aggraver une planète qui se réchauffe, et les répercussions se feront sentir encore plus loin ». Son appel insistait sur la nécessité de réduire notre dépendance aux combustibles fossiles pour atténuer ces impacts.
Bien que l’OMM précise que le changement climatique n'a pas prouvé l'augmentation de la fréquence d’El Niño, les effets de l’activité humaine sur le climat exacerbent les impacts des phénomènes climatiques naturels. Les spécialistes du climat insistent sur l'importance de la surveillance continue et de la recherche pour comprendre ces dynamiques.







