Le climat post-Brexit a transformé le Royaume-Uni en une destination de plus en plus difficile d'accès pour de nombreux Français. Les frais de visa dépassent désormais les 2 000 euros, sans compter la flambée des prix de l'immobilier. Les équipes de France Télévisions ont suivi des expatriés confrontés à cette réalité complexe.
Aujourd'hui, Londres est devenu synonyme de défis pour les 300 000 Français qui ont choisi de s’y établir avant le Brexit. Parmi eux, Amaury Levisalles a décidé de rester malgré les obstacles. Son épicerie dans le nord de Londres doit se conformer à des réglementations de plus en plus strictes. "Nous avons maintenant des formalités de dédouanement tant pour les importations d’Angleterre que pour les exportations de France. Les produits frais, comme le fromage et la charcuterie, nécessitent une attention particulière", explique-t-il. Les coûts supplémentaires, atteignant plus de 100 euros par palette de charcuterie, se combinent à une paperasse de plusieurs dizaines de pages pour chaque expédition.
Des visas de 2 000 euros par an
Les difficultés ne s'arrêtent pas au dédouanement. Amaury se heurte également à des défis concernant le recrutement. "Les nouvelles réglementations exigent que les travailleurs aient au moins un niveau de licence et un anglais de niveau B2. Ce n'est pas le cas de nombreux boulangers", souligne-t-il. Ce souci d’inaccessibilité s’étend à tous les secteurs. Ainsi, Benjamin Delombre, futur correspondant de France Télévisions à Londres, doit lui aussi naviguer dans cette bureaucratie complexe. "Je dois choisir parmi plusieurs types de visas, chacun coûtant entre 2 000 et 2 500 euros pour une durée d’un an", rapporte-t-il.
Un rêve inaccessible pour beaucoup de Français
Ces obstacles rendent la transition difficile pour les nouveaux arrivants. Chakir Zahid, spécialisé dans la recherche de logements pour Français, a dû adapter sa méthode de travail. "99 % de mes visites se font maintenant à distance. Les gens n'ont pas le temps de visiter à cause des délais de traitement des visas. Une fois le visa obtenu, ils doivent se précipiter ici", explique-t-il.🚪
Par ailleurs, le volume de clients a chuté, passant de cinq à seulement cinq par mois, le forçant à augmenter ses tarifs. Ce changement a également modifié le profil des expatriés. "Nous n'avons plus autant de jeunes en quête d'une expérience d'un an. Aujourd'hui, nos clients sont souvent plus âgés et plus fortunés, cherchant des logements allant de 1 500 à 6 000 livres par mois", indique Chakir Zahid.
La réalité actuelle est difficile à cerner, mais il est certain que le rêve britannique s'éloigne pour de nombreux Français. Les défis bureaucratiques et économiques réservent de véritables casse-têtes pour ceux qui souhaitent faire de Londres leur nouveau foyer.







