Paul Gogo, correspondant à Moscou, souligne que "la Crimée est effectivement en état de quasi-blocus depuis dix jours", une situation où des voies vitales sont régulièrement attaquées par l'Ukraine. Cette escalade pourrait susciter une réponse significative de Moscou.
Alors que Volodymyr Zelensky s'apprête à participer au sommet du G7 à Évian le 16 juin, la tension monte entre Kiev et Moscou. Paul Gogo, expert en relations russo-ukrainiennes et auteur de Moscou parano : La Russie de Poutine mise à nu, analyse pour "La Matinale" les nuances de cette crise et les enjeux des discussions à venir.
Jean-Baptiste Marteau : L'Ukraine connaît à nouveau un regain d'attention lors du G7, avec une rencontre entre Zelensky et Donald Trump annoncée. Pensez-vous que la dynamique change ?
Paul Gogo : Les Ukrainiens, tout comme les Européens, pressentent un changement à Moscou, un possible ajustement dans la gestion du conflit. Une préparation s'opère, car Trump, par le passé, a montré sa vulnérabilité face aux manœuvres russes. Il est crucial pour les Européens de rappeler à l'administration américaine que l'Ukraine doit être au centre des discussions, réaffirmant que toute décision doit se faire dans son intérêt. L'objectif demeure une paix durable en Ukraine.
Les avancées ukrainiennes, même si modestes, indiquent une dynamique. En revanche, les progrès russes sont fréquents mais coûteux, conduisant à des interrogations sur leur capacité d'action. Bien que des gains soient visibles, il est difficile de savoir si les forces russes sont véritablement en recul ou s'il ne s'agit que d'un ralentissement.
Quant à l’intensification des frappes russes sur des sites symboliques, comme la cathédrale orthodoxe à Kiev, cela semble plutôt être une réaction aux revers subis au sol. Poutine pourrait chercher à renforcer sa position dans cette bataille des perceptions.
Les attaques ukrainiennes sur des objectifs en Crimée occupée sont tout aussi significatives, marquant une lutte de pouvoir intensifiée. Le quasi-blocus de la Crimée par l'Ukraine pourrait agacer le Kremlin et influencer les décisions de Poutine durant les mois à venir, alors que les tensions demeurent palpables.
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