Neuf mois après son départ de Matignon, l’ancien Premier ministre François Bayrou s'apprête à publier son ouvrage Alerte sur la France qui vient le 18 juin, afin de continuer d’interpeller l’opinion sur la dette croissante et les déficits de la France. Bien qu’il ait clairement fait savoir qu'il ne se lancera pas dans une nouvelle campagne présidentielle, le Palois, connu pour sa vigilance budgétaire, ne recule pas devant la critique.
Ce mardi sur France Inter, Bayrou a qualifié son livre de “traduction d’une inquiétude”, une précaution nécessaire selon lui alors que les problèmes de la dette semblent au second plan des préoccupations des candidats. “Dire que c’est votre obsession la dette, c’est comme reprocher à un médecin de s’inquiéter d’une hémorragie”, a-t-il argué, soulignant la gravité des enjeux financiers que la France doit affronter. “Depuis cinquante ans, nous n’avons jamais remboursé un euro de notre dette, cette accumulation est incroyable”, a-t-il insisté.
La situation budgétaire est d'autant plus alarmante selon Bayrou, qui rappelle que peu de voix s'élèvent dans l’arène politique pour prôner des économies. “Quand Marine Le Pen appelait à dépenser plus pendant la pandémie, qui parmi les autres candidats a proposé des coupes budgétaires?” s'interroge-t-il. Ce constat lui vient à l'esprit après une défaite aux municipales de mars, qui l’a conduit à s'interroger sur l'avenir de sa ville.
Sur la réforme des retraites, il exprime son indignation vis-à-vis de la renonciation de certains politiques, affirmant que “je ne l’aurais jamais fait”. Son ton acerbe se ressent également lorsqu’il parle des candidats à l’élection présidentielle de 2027, les qualifiant de “menteurs” et rappelant que la plupart semblent ignorer les véritables défis budgétaires, comme si l’échéance électorale suffisait à balayer ces problématiques fondamentales sous le tapis.
Bayrou, tout en excluant l'idée de se présenter, attend de voir qui abordera la question cruciale de la dette. “Je prendrai parti, mais qui va finalement traiter ce sujet?” demande-t-il, revisitant ainsi son rôle potentiel dans le débat public. Son nom, souvent lié à des réflexions critiques sur les finances nationales, demeure un phare pour ceux qui souhaitent aborder la réalité dans toute sa complexité.







