Le 18 juin, les bureaux de vote à Makerfield, dans le nord de l'Angleterre, se sont ouverts, marquant le début d'une élection législative partielle qui pourrait potentiellement sceller le destin de Keir Starmer. Ce dernier doit faire face à son principal rival, Andy Burnham, qui vise une entrée au Parlement avec des ambitions claires de remplacer le Premier ministre.
Arrivé au pouvoir en juillet 2024 après une victoire des travaillistes, Keir Starmer souffre actuellement d'une popularité en chute, due à plusieurs erreurs politiques, ainsi qu'au scandale de la nomination de Peter Mandelson comme ambassadeur à Washington, en lien avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein.
La défaite cuisante des travaillistes aux élections locales de mai, au profit du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage, a intensifié les pressions sur Starmer, y compris au sein de son propre parti, incitant certains ministres à quitter leur poste.
Andy Burnham, maire du Grand Manchester, qui a déjà été député de 2001 à 2017, espère renforcer sa stature en se présentant dans la circonscription de Makerfield.
Les bureaux de vote, ouverts à 7 heures locales (6 heures GMT), fermeront à 22 heures (21 heures GMT), avec les résultats attendus durant la nuit. La campagne a vu de nombreux ministres et figures politiques affluer vers la circonscription, faisant de Makerfield le centre de l'attention politique britannique.
Un bouleversement en marche ?
Dans ce contexte "sans précédent", souligne John Curtice, professeur de sciences politiques à l'AFP, "le candidat travailliste officiellement investi se présente dans le but de déloger l'actuel dirigeant du parti travailliste".
Andy Burnham a déclaré que les électeurs de Makerfield ont la possibilité d'écrire un nouveau chapitre de l'histoire politique britannique. En réponse, Starmer a tendu la main à Burnham, l'invitant à assumer un "rôle important" au gouvernement, une offre que Burnham aurait refusée selon les médias britanniques. Les sondages prévoient toutefois une victoire de Burnham malgré la montée de Reform UK dans la région.
Sophie Stowers, du cercle de réflexion More in Common, a noté l'"effet Burnham", lié à son succès en tant que maire, soulignant son attrait auprès des électeurs.
Des enjeux cruciaux pour l’avenir
Robert Kenyon, candidat de Reform UK, a centré sa campagne sur des thèmes anti-immigration et fiscaux, mais a été critiqué pour ses remarques sexistes passées. Malgré ses liens avec la circonscription, sa campagne est affaiblie par l'émergence d'un nouveau petit parti radical, Restore Britain.
Les électeurs expriment des opinions variées sur les candidats. Finn Knowles, étudiant de 23 ans de Bryn, a déclaré : "Si Andy Burnham gagne et devient Premier ministre, il sera mieux que Keir Starmer", dénonçant le manque de direction de ce dernier.
"Je suis prête à donner sa chance (à Reform), c'est le dernier espoir du Royaume-Uni", témoigne Hazel Ellis, militante.
Si Burnham triomphe, il ou d'autres candidats tels que Wes Streeting devront rassembler les 81 parrainages nécessaires pour déclencher une élection interne au Labour. Ses partisans espèrent qu'une large victoire l'incitera à provoquer une démission de Starmer, évitant ainsi une élection interne source de divisions.







