Adopté le 17 juin par le Parlement européen, le règlement « retour » vise à simplifier l'éloignement des étrangers en situation irrégulière, tout en ouvrant la voie à des centres de retour en dehors de l'Union européenne. Ce texte a suscité des réactions vives tant sur les réseaux sociaux que dans les médias.
Lors de ce vote, la majorité a été claire : 418 voix pour, 218 contre, et 30 abstentions. Le texte a reçu un soutien fort du Parti Populaire Européen (PPE), ainsi que d'autres groupes plus à droite, y compris le Rassemblement National (RN). Les opinions divergent fortement, la gauche dénonçant un renforcement inégalé de la répression migratoire.
Une victoire pour la droite
François-Xavier Bellamy, eurodéputé Les Républicains, a salué ce vote comme une « étape historique ». Sur X, il a déclaré que le règlement « offre aux États la possibilité de mettre fin à l'immigration illégale ». Cette victoire est également interprétée comme un resserrement de l'emprise de la droite sur les politiques migratoires en Europe.
Bruno Retailleau, président des Républicains, a affirmé que ce vote prouve que la droite peut faire avancer ses idées à Bruxelles. Il a mis en avant la responsabilité des gouvernements nationaux dans l'exécution de ce règlement.
Le RN et un premier pas
Du côté du Rassemblement National, la réaction a été tout aussi enthousiaste. Jordan Bardella a exprimé sur X que ce texte donne enfin à l'Union européenne « les instruments nécessaires pour sortir du laxisme » en matière d'immigration. Pour lui, c'est un « premier pas » vers une politique migratoire plus stricte.
Marine Le Pen a également réagi, considérant cette adoption comme une « victoire politique » pour son parti, bien que certaines opinions en interne demeurent prudentes quant aux mécaniques européennes.
Des divisions au sein du gouvernement
Ce vote a révélé des fractures au sein du bloc central en France. Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l'Europe, a défendu vigoureusement le règlement, allant jusqu'à dire que la France avait « demandé » ce texte, soulignant une Europe qui se « libère de la naïveté migratoire ». Toutefois, au Parlement européen, les membres du groupe Renew se sont divisés, certains élisant de s'y opposer.
Une gauche en émoi
À gauche, les réactions ont été d'une constance absolue. Les eurodéputés socialistes ont voté contre, arguant que le texte constitue un risque sérieux pour les droits fondamentaux. La France Insoumise, à travers Manon Aubry, a tiré la sonnette d'alarme sur l'adoption d'un texte qui, selon elle, rappelle des heures sombres du passé.
Les débats sont loin d'être clos. Le règlement offre des possibilités d'éloignement, mais son application effective dépendra des décisions politiques prises au niveau national. Ce texte a ouvert une nouvelle ligne de fracture pour les élections de 2027 en France, mettant en lumière les enjeux migratoires au cœur des préoccupations politiques.







