Lors d'une visite à Madrid, Bruno Retailleau, candidat de droite à l'élection présidentielle française, a lancé des attaques acerbes contre le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez. Il l'a accusé de « clientélisme » en raison de son plan de régularisation de plusieurs centaines de milliers de sans-papiers, initiative destinée à contrer le vieillissement démographique et à soutenir l'économie espagnole.
C’est une politique de Gribouille que de régulariser des clandestins
« Il savait très bien qu’il pouvait faire monter Vox contre le Parti populaire (PP) », a déclaré Retailleau, faisant référence au parti d’extrême droite. À l'issue de ses entretiens avec Alberto Núñez Feijóo, président du PP, et Isabel Díaz Ayuso, présidente de la région de Madrid, il a affirmé que cette approche était irresponsable et que le gouvernement espagnol avait besoin de faire face aux défis migratoires d'une manière plus pragmatique.
À 65 ans, le candidat a exprimé son souhait d'une plus grande fermeté en matière de politique migratoire, insistant sur la nécessité de rendre « les visas territoriellement limités » la norme au sein de l'Union européenne, après avoir mis à jour les critères d'entrée dans l’espace Schengen, selon des sources telles que Le Monde.
Le bilan du plan de régularisation espagnol
Contrairement à l’approche restrictive adoptée par de nombreux pays européens, l'Espagne a lancé en avril un vaste plan de régularisation qui prend fin le 30 juin. Selon les autorités, près de 900 000 demandes ont été reçues jusqu'à présent, dont 360 000 ont été jugées recevables, bien que des doublons aient été signalés.
Retailleau avait déjà exprimé son intention de « mettre au ban » le gouvernement espagnol pour sa politique migratoire, affirmant que cette phrase choc le représentait parfaitement. Interrogé sur les alliances régionales entre le PP et Vox, il a aussi noté que « la droite espagnole avait mieux assumé ses convictions », ce qui lui permettrait de mieux contenir l’extrême droite.
La stratégie électorale du candidat
Avec environ 9 % d'intentions de vote dans les sondages à un an de l'élection présidentielle, Bruno Retailleau se positionne comme un candidat de rupture avec les deux mandats d'Emmanuel Macron, qu'il a précédemment aidé en tant que ministre de l'Intérieur. Il fait face à la concurrence d'Édouard Philippe, l'ancien Premier ministre, qui vise à rallier le centre et la droite.







