REPORTAGE. Quelques heures après l'annonce de l'accord-cadre entre le Liban et Israël, des manifestants pro-Hezbollah se sont rassemblés dans les rues de Beyrouth, dénonçant un texte qu'ils qualifient de "honteux" et exigeant le désarmement du groupe militant. La situation éveille des souvenirs douloureux du passé.
Dans la nuit de vendredi à samedi, après la signature de cet accord, des groupes de partisans du Hezbollah ont envahi les boulevards de la capitale libanaise, notamment autour du Parlement et sur la route menant à l'aéroport. Les routes ont été barrées par des pneus enflammés et des motos serpentaient dans la ville, arborant des drapeaux du Hezbollah et des étendards iraniens, présents même pendant les commémorations d’Achoura.
“Ces gens cherchent à prouver qu'ils sont toujours là,” observe Hadi, un Libanais chiite qui, malgré ses réserves, se montre en faveur de l'accord. “Les négociations sont toujours préférables à la guerre. Tout dialogue pouvant apaiser les tensions et éviter de nouveaux conflits est un point positif.” Toutefois, il note que “le Liban traverse une période difficile et n'est pas nécessairement en position de force pour négocier.”
Naim Qassem, le chef adjoint du Hezbollah, a fustigé l'accord, le qualifiant de "nul et non avenu", précisant que le Liban légitime ainsi l'occupation israélienne en renonçant à une partie de sa souveraineté. De son côté, le ministre israélien Ben Gvir partage également ce jugement d'humiliation.
Les tensions grandissantes autour de cet accord montrent bien que la situation au Liban est encore très volatile. Les déclarations de différents acteurs politiques et sociaux révèlent des opinions partagées. Pour certains experts, tout compromis avec Israël nécessite l'approbation du Hezbollah, un acteur toujours dominant sur la scène libanaise. France 24 souligne également cette dynamique complexe, où l'espoir d'une paix durable se heurte à des réalités militantes.







