L’introduction d’un droit de douane européen de 3 € sur ces colis a bouleversé la donne. Initialement, la France devait maintenir sa propre taxe, mais le gouvernement a finalement décidé de la suspendre.
La mesure de suspension de la taxe française de 2 € sur les petits colis, mise en place en mars dernier, interviendra le jour où entrera en vigueur le nouveau droit de douane européen de 3 €. Cette décision a été communiquée par le gouvernement le 30 juin. Selon le cabinet du ministre du Commerce, Serge Papin, « Dans un marché unique, il n'est plus justifié de garder notre taxe sur les petits colis en sus de la taxe européenne ».
Cette taxe, destinée à limiter l’essor des colis provenant majoritairement d’Asie, a rapidement rencontré des difficultés. Les plateformes concernées, telles que Shein et AliExpress, ont contourné cette disposition en expédiant leurs articles à d’autres pays européens avant de les livrer en France. Selon une estimation du directeur général des Douanes, Florian Colas, cela a provoqué un « déport de volume » de « l’ordre de 90 % depuis le 1er mars ».
La France pensait initialement que la taxe rapporterait 400 millions d'euros pour l'année 2026, mais ce chiffre est désormais bien en deçà des attentes, ne générant que 2,3 millions par mois.
Une stratégie à long terme ?
Le ministre Papin a qualifié cette suspension de « tactique », visant à « laisser s’installer la taxe européenne ». Il estime que ce choix permettra de mieux contrôler les importations et de garantir que les sommes perçues reviennent en partie à la France.
La décision de suspendre cette taxe soulève également des questionnements sur l'équité des pratiques commerciales en Europe. David Amiel, ministre des Comptes publics, a souligné que « La France a vraiment été pionnière » et a cherché à inciter l’Europe à agir face à la concurrence déloyale. Ainsi, cette suspension pourrait représenter un moment charnière pour la politique commerciale du pays.
En somme, ce revirement stratégique équivaut à un repositionnement sur l’échiquier européen, alors que les législations sur le commerce international continuent d’évoluer. La France espère ainsi prendre une part active dans la régulation de ces flux commerciaux qui, aujourd'hui, la contournent largement.







