À partir du 1er septembre, la durée maximale d'une première prescription d'arrêt de travail sera limitée à un mois, une mesure visant à réduire les abus, alors que le coût des arrêts maladie pourrait atteindre 18 milliards d'euros d'ici 2025. Cependant, ces absences pour raisons de santé méritent d'être analysées à l'aune d'un contexte managérial souvent jugé rigide et contrôlant.
Un récent baromètre d'AXA sur l'absentéisme a confirmé une tendance préoccupante : la hausse des arrêts maladie, principalement ceux de longue durée. En effet, cet effet frappe principalement les jeunes de moins de 30 ans et les cadres, et la première cause d'arrêts de longue durée sont les troubles psychologiques, représentant 38% des cas en 2025, suivis par les troubles musculosquelettiques.
Face à cette problématique, le gouvernement a annoncé plusieurs mesures pour améliorer les conditions de travail. Toutefois, il convient de souligner un point essentiel : la question du management et son rôle dans la santé au travail a été largement négligée. Selon le professeur Claude Veil, expert en santé au travail, l'absentéisme est souvent le reflet d'une organisation du travail défaillante, affirmant que les éléments organisationnels jouent un rôle plus important que les conditions individuelles des travailleurs.
Un management à repenser
La santé au travail se situe à l'intersection des facteurs individuels et des pratiques managériales. Un management qui reste majoritairement vertical entrave l'autonomie des employés et peut être source de souffrance. Le rapport au télétravail, par exemple, a d'abord été perçu comme une libération, mais le retour au présentiel a souvent été vécu comme une reprise de contrôle par la direction. Ce phénomène s'accompagne d'une tendance croissante vers un management basé sur des chiffres, souvent éloigné des réalités du travail réel, comme le soulignent de nombreux experts.
En outre, avec l'avènement de l'intelligence artificielle, de nouveaux risques émergent. Des études montrent que le management algorithmique peut notamment accroître la déconnexion et l'isolement des travailleurs, contribuant ainsi à une dégradation de la santé mentale des employés, notamment dans des secteurs comme le transport ou le service à la personne.
La voix des chercheurs
Les chercheurs en gestion, comme Pierre-Yves Gomez, estiment que l'augmentation des arrêts maladie est un indicateur de l'individualisation des revendications sociales. « Cela traduit le droit de suspendre son activité face à une exploitation ressentie », explique-t-il. Les choix managériaux, souvent basés sur la performance chiffrée, négligent les besoins réels des travailleurs, entraînant une désaffection des équipes.
En conclusion, l'augmentation des arrêts maladie doit servir d'alerte pour les entreprises françaises. Il est impératif de revoir les pratiques managériales afin de créer un environnement de travail qui préserve la santé des employés et favorise un véritable engagement collectif. La santé au travail ne peut plus être perçue comme un simple coût, mais comme un investissement essentiel dans le bien-être et la productivité des salariés.







