Les consommateurs français peuvent désormais se réjouir. La taxe instaurée en mars, visant à imposer deux euros sur les petites marchandises en provenance de plateformes asiatiques, sera suspendue à partir du 1er juillet 2026. Ce même jour, un nouveau droit de douane de trois euros sera introduit à l'échelle européenne, comme l'a annoncé le gouvernement français.
« Dans un marché unique, maintenir une taxe nationale ne se justifie plus, surtout en présence de ce droit de douane européen », a commenté le cabinet du ministre du Commerce, Serge Papin, témoignant d'un changement de cap dans la politique douanière.
Depuis le 1er mars, la France avait mis en place cette taxe visant à maîtriser l'afflux des petits colis, évalués à moins de 150 euros, en provenance notamment de Chine. L'objectif était clair : freiner la montée en puissance de plateformes comme Shein, Temu ou AliExpress. Toutefois, cette mesure devait s'accompagner, dès juillet, d'un droit de douane pour un total de cinq euros par article, y compris la classique taxe nationale. Anticipant une mise en place d'un système harmonisé à l'échelle européenne pour novembre, le gouvernement pensait rationaliser son approche.
La parade des plateformes chinoises
Cependant, les acteurs ciblés ont pris les devants. Par un tour de passe-passe, ils ont commencé à expédier leurs produits par avion vers d'autres pays européens, contournant ainsi la taxation française pour importer ensuite ces biens par voie terrestre vers la France. Florian Colas, directeur général des Douanes, a signalé qu'environ 90% des petites marchandises avaient ainsi réussi à éviter la taxe depuis mars. L'impact de cette mesure fiscale était significatif, avec des estimations de revenus mensuels atteignant seulement 2,3 millions d'euros, bien en deçà des 400 millions d'euros prévus pour 2026.
Ce revirement pose des questions sur l'efficacité des réglementations en place et incite à réfléchir à de nouvelles stratégies pour réguler un marché de plus en plus mondialisé. Les experts soulignent l'importance d'une coopération renforcée entre les États membres pour harmoniser les taxes et éviter le contournement par des méthodes d'expédition créatives. Ce changement de cap, bien que nécessaire, laisse entrevoir le défi que représente la lutte contre l'évasion fiscale dans le secteur du e-commerce international.







