Jeudi, le Vatican a annoncé l'excommunication de six évêques de la Fraternité Saint-Pie X, affirmant ainsi la rupture définitive avec Rome de ce mouvement traditionaliste.
Dans un décret, le Dicastère pour la Doctrine de la Foi a précisé : "Les membres de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X se placent en situation de schisme, et les fidèles qui adhèrent formellement sont également considérés comme schismatiques et excommuniés." Cette communauté, fondée par l'évêque français Marcel Lefebvre, compte environ 600 000 fidèles à travers le monde.
La Fraternité Saint-Pie X rejette les grandes réformes de l'Église adoptées suite au Concile Vatican II (1962-1965) qui ont profondément modifié l'institution. Elle prône un modèle de société traditionnel et un idéal théocratique.
Malgré une certaine influence dans les cercles conservateurs, ce mouvement reste minoritaire au sein des 1,3 milliard de catholiques dans le monde. Ses adeptes sont attachés à une interprétation stricte des traditions doctrinales et liturgiques, notamment la messe de rite "tridentin", célébrée en latin, les prêtres tournés dos à l'assemblée.
Mercredi, la communauté a multiplié les actes considérés comme "schismatiques", rappelant ainsi le schisme opéré en 1988. Elle a exprimé des regrets sur sa nécessité d'agir sans l'aval papal. Le pape Léon XIV, dans une lettre émouvante, a exhorté : "Je vous supplie, revenez sur votre décision!" Soulignant que tout acte schismatique entraînerait la nullité des sacrements administrés par ces évêques, il a mis en garde sur les conséquences de leurs actions.
Les quatre nouveaux évêques, dont deux Français, Michel Poinsinet et Marc Hanappier, ainsi que l'Américain Michael Goldade et le Suisse Pascal Schreiber, se retrouvent ainsi excommuniés avec les deux autres évêques restants, Alfonso de Galarreta et Bernard Fellay.
Le Dicastère pour la Foi a averti que la participation à la Fraternité Saint-Pie X expose clercs et fidèles à l'excommunication. En 1988, la Fraternité a célébré des consécrations d'évêques sans autorisation, et réitère cette démarche, arguant qu'elle ne constitue pas un schisme. Cependant, le Vatican estime que cette action, sans l'accord papal, entraîne une excommunication automatique et constitue un acte schismatique.
Le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'État du Vatican, a exprimé "la profonde douleur" ressentie au sein de l'Église face à ces ordinations, lesquelles, selon lui, "rompent l'unité de l'Église" et sont assorties de "sanctions très claires", notamment l'excommunication des évêques concernés. Il a également espéré un retour au dialogue et une résolution authentique de ce conflit.







