Un non-lieu a été prononcé jeudi dernier en faveur de Aurore Bergé, ministre récemment mise en cause dans une affaire de crèches privées. Selon le procureur général près la Cour de cassation, Rémy Heitz, les enquêtes n'ont pas pu établir que la ministre ait menti sous serment concernant ses relations avec une lobbyiste.
La décision a été rendue par la Cour de justice de la République (CJR), qui est chargée de juger les membres du gouvernement pour des actes commis dans le cadre de leurs fonctions. Elle a suivi les recommandations du parquet.
L'enquête portant sur Aurore Bergé avait été ouverte en janvier 2025 après un signalement émanant du bureau de l'Assemblée nationale, qui suspectait un "faux témoignage sous serment" lors d'une commission parlementaire.
Lors d'une audition le 30 avril 2024, la ministre de la Famille de l'époque avait affirmé ne pas avoir de "lien personnel, intime ou amical" avec Elsa Hervy, actuellement déléguée générale de la Fédération française des entreprises de crèches (FFEC).
Réagissant à la décision de la justice, Aurore Bergé a déclaré via un communiqué transmis à l'AFP : "Ministre des solidarités et des familles, j'ai toujours exercé mes fonctions avec intégrité et droiture." Elle a également souligné les modifications législatives qu'elle a introduites pour renforcer le contrôle dans le secteur, notamment en ce qui concerne la protection de l'enfance.
"J'ai changé la loi pour mieux exercer ces contrôles", a-t-elle ajouté.
L'avocate de la ministre, Jade Dousselin, a estimé que cette résolution prouvait que sa cliente avait toujours dit la vérité. Selon des sources judiciaires, bien que les deux femmes aient entretenu "des relations poussées" durant le mandat de Bergé, celles-ci étaient consensuelles et assimilées à des activités de lobbying, sans éléments probants de proximité personnelle.
En mai, le procureur général, Rémy Heitz, avait conclu que les investigations n'avaient pas établi l'existence d'un lien personnel entre Aurore Bergé et Elsa Hervy, invalidant ainsi les accusations de mensonge.
L'affaire avait pris de l'ampleur suite à la publication, en septembre 2024, du livre-enquête "Les Ogres" par Victor Castanet, qui avait évoqué un "pacte de non-agression" entre Aurore Bergé et Elsa Hervy. Le journaliste, connu pour son travail sur le milieu des maisons de retraite, a relancé le débat sur les liens entre politique et lobbying dans le secteur des crèches privées.







