Le président Donald Trump a annoncé que les États-Unis frapperaient "fort" l'Iran cette nuit. Après de violents échanges, Trump a déclaré que le cessez-le-feu était terminé, tout en laissant entrevoir la possibilité de poursuites de négociations avec Téhéran.
Rappelons qu'en fin juin, le détroit d'Ormuz, passage stratégique, a été le théâtre d'affrontements. L'Iran revendique y imposer des droits de passage, malgré l'opposition américaine, menaçant les navires qui l'empruntent.
Un schéma similaire s'est reproduit lorsque des tirs attribués à Téhéran ont touché trois navires commerciaux. En réponse, les États-Unis ont mené des frappes contre plus de 80 cibles en Iran, selon des sources militaires américaines.
En Iran, des rapports évoquent des explosions à Bouchehr, près de l'île de Kharg, qui abrite le principal terminal pétrolier du pays, alors que Téhéran a aussi annoncé avoir frappé des bases militaires américaines au Koweït et à Bahreïn.
"C'est terminé pour moi... Négocier avec eux est une perte de temps", a déclaré Trump lors d'un sommet de l'Otan à Ankara, qualifiant les dirigeants iraniens de "menteurs". Cependant, il a noté que ses négociateurs pourraient continuer à dialoguer.
Cette escalade verbale a conduit à une augmentation de plus de 6% des cours du pétrole, atteignant près de 79 dollars le baril de Brent.
- "Spectre de la guerre" -
Les sanctions américaines sur le brut iranien, rétablies la veille, ont été précédées par un protocole d'accord signé le 17 juin, permettant la réouverture du détroit d'Ormuz, par où transitent environ 20% du brut mondial.
Les hostilités ont ravivé les tensions alors que les négociations pour une solution durable avaient été relancées suite à des offensives israélo-américaines.
L'Iran a mis en garde contre une "violation" du protocole d'accord, annonçant des réponses fermes pour protéger ses intérêts. Téhéran a réaffirmé que tout soutien à l'armée américaine pour des attaques serait considéré comme une cible légitime.
Nawal Saad, une fonctionnaire bahreïnie, a exprimé son angoisse : "Je ne veux pas revivre cette peur". La situation inquiète également l'Organisation maritime internationale, qui déplore la détresse des marins dans le Golfe.
Le Koweït et le Qatar ont condamné ces actions, plaidant pour un retour à la voie du dialogue, alors qu'Oman a également dénoncé les frappes.
La riposte américaine a été jugée "absolument nécessaire" par Mark Rutte, secrétaire général de l'Otan, pour faire face aux provocations de Téhéran. Cependant, selon Ali Vaez, du International Crisis Group, les récents propos de Trump ne signifient pas nécessairement un effondrement des négociations.
Les deux parties semblent utiliser la force comme levier de négociation, alors que les Iraniens refusent de renoncer au contrôle du détroit d'Ormuz, qu'ils considèrent comme leur plus grande réalisation dans ce conflit.
Ces hostilités coïncident avec les funérailles du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué lors des premières frappes israélo-américaines lors du conflit en cours. Le cercueil de l'ayatollah, avant son inhumation à Mashhad, a été porté en procession à Najaf et Kerbala, villes saintes chiites d'Irak.







