Les États-Unis ont intensifié leurs opérations militaires contre l'Iran, relançant un blocus des ports iraniens, tandis que Donald Trump abandonne, pour l’instant, son projet de taxation des navires dans le détroit d'Ormuz, un point névralgique de la situation géopolitique.
Ce retour au blocus maritime, mis en place à 20H00 GMT, ainsi que les frappes aériennes inédites depuis le cessez-le-feu d'avril, menacent la fragile diplomatie ayant tenté de faire perdurer le protocole d'accord signé le 17 juin. "Nous avons démantelé ce protocole par notre engagement", a déclaré Kazem Gharibabadi, vice-ministre iranien des Affaires étrangères.
Les tensions croissantes ont un impact direct sur le marché pétrolier. Le prix du baril de Brent, référence internationale, a enregistré une flambée de plus de 9% lundi avant de temporiser face aux annonces du président américain.
Alors que l'Iran envisage d'imposer une redevance sur le passage maritime, Trump avait antérieurement proposé de prélever 20% de la valeur des cargaisons pour assurer la sécurité de cette voie maritime, en infringing sur la liberté de navigation internationale. Toutefois, dans un retournement de situation, il a annoncé mardi vouloir établir des accords commerciaux avec les pays du Golfe, abandonnant ses plans initiaux.
Sur le terrain, les frappes américaines se poursuivent, ciblant des zones stratégiques comme Bandar Abbas et l'île de Qeshm près du détroit d'Ormuz, ainsi que Bouchehr, où se situe la centrale nucléaire iranienne. "Nous allons frapper fort ce soir et demain", a averti Trump au Congrès, actant ainsi la relance de ce conflit commencé le 28 février avec des attaques israélo-américaines.
Les ripostes irakiennes ont également été notables, avec plusieurs installations américaines en Bahreïn touchées et des militaires koweïtiens blessés dans des attaques iraniennes.
La situation est dramatique dans le détroit d'Ormuz. L'Organisation maritime internationale (OMI) a signalé que des pétroliers avaient été attaqués, faisant au moins deux morts. Avec seulement sept navires commerciaux ayant traversé le détroit, ce chiffre est au plus bas depuis le 13 juin.
L'ONU s'est montrée préoccupée par les conséquences économiques et humanitaires de cette crise, avertissant que des millions de personnes dépendent de cette route maritime pour des biens essentiels tels que la nourriture et des médicaments.
Malgré ces tensions, Trump est persuadé qu'un accord avec Téhéran est encore possible. Les discussions avec des médiateurs sont en cours, selon des sources diplomatiques. Ce retour au blocus maritime a conduit l'Iran à ne pas avoir pu exporter "un seul baril de pétrole" durant le précédent blocus, selon son négociateur, Mohammad Bagher Ghalibaf.
Barun Gupta, analyste au cabinet de sécurité maritime Vanguard Tech, a déclaré que les États-Unis peuvent toujours soutenir les navires souhaitant traverser le détroit sans se plier aux exigences iraniennes.
Israël, pour sa part, préfère observer pour le moment, tout en maintenant une attention vigilante sur les opérations contre le Hezbollah au Liban, tandis que le Premier ministre Netanyahu prévient d'une réponse dévastatrice en cas d'escalade.







