Deux juges de la Cour suprême des États-Unis, Elena Kagan et Amy Coney Barrett, ont été entendues au Congrès, marquant ainsi la première audition de ce type depuis 2019. Cet événement, s'inscrivant dans le cadre de la discussion sur le budget de la haute cour, a également mis en lumière le fonctionnement interne de cette institution clé.
Kagan, désignée par Barack Obama en 2010, et Barrett, choisie par Donald Trump en 2020, se sont présentées devant la commission des dotations de la Chambre des représentants. Ce comité influent est responsable de l'allocation des fonds fédéraux aux différentes branches gouvernementales.
L'audition a eu lieu deux semaines après des décisions judiciaires capitales de la Cour, dont la réaffirmation du droit du sol, un sujet que l'ex-président Trump avait tenté de contester par voie de décret. Néanmoins, les magistrates ont respecté la tradition de confidentialité, ne s'engageant pas sur ces affaires lors de l'audition.
Dès le début de la session, Dave Joyce, un membre républicain, a appelé à maintenir l’auditoire concentré sur les questions financières, précisant que l'audition ne visait pas à revisiter les opinions rendues par la Cour.
Elena Kagan a souligné l’importance d’augmenter le budget de la Cour de près de 21 millions de dollars, principalement dédié à la sécurité des juges. Elle a déclaré : "Nous avons ajouté des financements de sécurité pour faire face aux défis de notre temps." Cette demande fait écho aux menaces croissantes auxquelles certains juges sont confrontés, selon France 24.
Les préoccupations concernant la sécurité des magistrats sont d'autant plus pressantes dans un climat politique tendu, où la rhétorique anti-judiciaire semble se durcir. Steny Hoyer, un député démocrate, a rappelé que le Congrès devait garantir des financements adéquats pour protéger tous les acteurs du système judiciaire.
Récemment, Amy Coney Barrett a elle-même été ciblée par un incident de "swatting", où un faux appel d'urgence a été lancé pour attirer une réponse policière armée à son domicile. "Je ne m'attendais pas à devoir expliquer à mes enfants ce que signifie porter un gilet pare-balles", a-t-elle confié, témoignage poignant de la menace que subissent les juges de la Cour suprême.
Les déclarations de Kagan et Barrett s'inscrivent également dans un contexte où le président de la Cour suprême, John Roberts, a mis en garde contre le danger de l'hostilité croissante envers les juges. Il a précisé que cette situation devait changer, sans toutefois citer Trump, bien que ce dernier ait critiqué certains juges de la Cour lorsqu'ils prenaient des décisions peu favorables aux politiques de son administration.
Les tensions politiques pourraient donc avoir des répercussions significatives sur le système judiciaire, alors que les juges continuent d'exercer leur rôle avec à la fois courage et prudence face à une menace omniprésente.







