« L'Europe avance, mais pas à la même vitesse que la Chine et les États-Unis. Pour préserver son modèle social, elle doit impérativement renforcer sa compétitivité », souligne Patrice Moyon, un éditorialiste en économie.
Malgré des avancées, l'électrification des véhicules peine à convaincre. Pourtant, d'après les chiffres, le marché européen semble se stabiliser : les ventes de véhicules électriques surpassent désormais celles des modèles thermiques. De plus, de nouveaux petits véhicules électriques émergent, apportant un souffle d'espoir et un défi à la concurrence chinoise.
Dans ce paysage incertain, l'avenir du secteur automobile européen, qui emploie 350 000 personnes en France, est compromis. Un rapport du Sénat, publié en octobre 2025, souligne l'urgence d'une réaction forte. « Si aucune mesure n'est mise en place, nous courrons vers un crash », prévient le sénateur LR des Côtes-d'Armor, Alain Cadec.
À Bruxelles, la nécessité d'agir est bien comprise. La révision des règlements sur les émissions transcrit une préoccupation croissante face aux conséquences économiques. Le projet de loi initial stipulait qu'à partir de 2035, tous les nouveaux véhicules dans l'UE doivent être zéro émission, une mesure adoptée sans évaluer ses répercussions sociales.
Refaire de l’industrie une priorité
Les récents changements réglementaires offrent un peu de répit aux industriels. L'aspiration à 100 % de véhicules zéro émission en 2035 est maintenant tempérée par un objectif de réduction de 90 % des émissions de CO2 pour les nouvelles flottes. Les 10 % restants peuvent provenir de modèles hybrides ou thermiques, sous conditions de compensation, comme l'usage d'acier bas carbone.
Plus largement, l'Europe doit faire de l'industrie une priorité. Lors du dernier sommet européen à Anvers, des dirigeants ont encouragé la Commission à agir rapidement. L'enjeu de compétitivité face à des géants comme la Chine est urgent pour maintenir notre modèle social intact.
Enfin, il est impératif d'accélérer des réformes comme la création d'un marché européen de capitaux et la mise en place d'un Buy European Act. En septembre 2024, Mario Draghi a présenté des recommandations pour stimuler la compétitivité européenne, mais à ce jour, à peine 15 % de ces propositions sont mises en œuvre, selon l'European Policy Innovation.
Lors de la présentation de son rapport, l'ancien Commissaire évoquait un risque de « lente agonie économique » qui menace l'ensemble de l'Europe, avec des conséquences particulièrement alarmantes pour la France.







