Khelga Pirogova, militante anti-Poutine, décrit son diagnostic comme un choc, une "météorite". Autrefois, elle se voyait comme une "valkyrie invincible". Aujourd'hui, elle reconnaît qu'il est normal de ne pas toujours être forte.
Les voix dissidentes en Russie, malgré la répression, conservent souvent un optimisme impressionnant. Alexeï Navalny, qui a passé ses derniers jours en détention, incarnait cette résistance. Sa mort tragique le 16 février 2024 a renforcé la conviction de nombreux opposants selon laquelle Vladimir Poutine est responsable de cette perte.
Khelga Pirogova, 37 ans, accusent directement le président russe de ce qu'elle considère comme un meurtre. Une enquête internationale, impliquant la France et le Royaume-Uni, a révélé que Navalny avait été "empoisonné" par une "toxine rare".
Élue municipale à Novossibirsk en 2020, elle a fait figure d'exception au sein de la coalition pro-Navalny. Cela a déclenché une répression féroce de la part des autorités. Après le début de l'invasion de l'Ukraine, les restes de l'opposition ont été complètement anéantis, et Khelga a dû chercher refuge à l'étranger.
- "Vampire" -
Dans un acte de solidarité envers l'Ukraine, she got visible at a municipal meeting in March 2022, donning a blue shirt and a crown of yellow flowers.
Après avoir fui la Russie enceinte, Khelga a trouvé refuge à Vilnius, où elle a mis au monde une fille. Aujourd'hui, elle collabore avec le Fonds de lutte contre la corruption fondé par Navalny, s'engageant à défendre les valeurs démocratiques et à dénoncer la corruption.
En janvier 2025, elle a reçu un diagnostic alarmant de cancer du col de l'utérus. "Cela signifie le cercueil!" a-t-elle plaisanté à l'AFP, bien que par la suite, les médecins ont rectifié pour un stade 3. Son parcours médical a été difficile, alternant chimiothérapie et radiothérapie.
Sur Instagram, elle partage son expérience à travers une série de vidéos humoristiquement intitulées "le journal d'une vampire", où elle se dévoile sans artifice, exprimant sa fatigue et les effets secondaires de son traitement. Son honnêteté touche de nombreux abonnés qui lui offrent un soutien émotionnel précieux.
"Cela m'aide énormément", confie Khelga, qui se remémore avec nostalgie ses heures de danse avant la maladie.
Sa première série de traitements est désormais terminée. Bien qu'aucune rémission ne soit visible, elle continue d'affronter le cancer avec courage. Selon ses mots, combattre Poutine et la maladie présente un point commun : le besoin de soutien externe pour surmonter de tels défis.
Khelga suit un traitement coûteux, une immunothérapie, financé grâce à un appel aux dons qui a réuni 65.000 euros. Quand elle se rend au bureau de son organisation, malgré le froid mordant, un rayon de soleil perce les nuages obscurcis de sa vie.
Elle observe paradoxalement une "nouvelle génération" de Russes qui, tout en évitant d'affronter directement le pouvoir, se préoccupent de problèmes économiques locaux liés à la guerre en Ukraine. Néanmoins, Khelga est contrainte de garder le silence sur leurs identités, sous peine d'attirer la répression sur eux.
Face à ceux qui soutiennent que la Russie est vouée à l'autoritarisme, elle appelle à la nuance. Dans de nombreux pays, la tyrannie a été suivie de la démocratie. Son équipe cherche à réduire les influences du Kremlin et, si un jour des élections libres se présentent, elle espère inciter les Russes à s'exprimer.
Khelga Pirogova rêve de dépasser la longévité de Vladimir Poutine. "La corruption imprègne profondément le pouvoir en Russie. Cette réalité m'effraie, mais je suis curieuse de voir comment nous pourrons la combattre lorsque Poutine disparaîtra."







