Jordan Bardella, le président du Rassemblement national, a choisi Carcassonne pour son premier déplacement consacré aux municipales. Cette ville, emblématique avec sa cité médiévale classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, représente un enjeu majeur pour le parti d'extrême droite.
"Ici, nous sommes dans une ville que le Rassemblement national peut conquérir", a déclaré Bardella, au milieu de ruelles chargées d'histoire. La candidature de Christophe Barthès, député RN de l'Aude, renforce cette ambition. Barthès, qui a été élu avec 61,4% des voix, estime que son rôle est de répondre aux attentes d'un électorat en quête de changement.
Son programme met en avant des thèmes tels que la sécurité, la tranquillité et la propreté, tout en célébrant les "racines occitanes" de la ville, sa gastronomie et ses traditions, comme l’a rapporté Le Figaro.
À 59 ans, Barthès, qui a débuté sa carrière politique au RPR, n’est pas étranger à la compétition municipale, ayant déjà tenté sa chance à Trèbes. Sa détermination à conquérir Carcassonne s’inscrit dans un contexte où la ville, par sa notoriété touristique, constitue un symbole de l’ascension du RN.
Gérard Larrat, le maire sortant (DVD) âgé de 84 ans, a décidé de briguer un nouveau mandat. Son bilan met en avant des réalisations en matière de culture et d'infrastructures, mais il voit aussi la montée du RN comme une menace. "Je ne veux pas que certaines tendances s'imposent ici", a-t-il déclaré, conscient des défis qui l'attendent.
Cependant, son retour dans l’arène a suscité des divisions au sein de son propre camp. Isabelle Chésa, son ancienne adjointe, s'est retirée de la course, tandis qu'une autre liste, portée par des figures locales, cherche à "réveiller la belle endormie" qu'est devenue Carcassonne.
Dans ce contexte, la compétition se durcit avec des ralliements en faveur de Barthès, montrent les enjeux d’une majorité en déséquilibre. Alix Soler-Alcaraz, premier secrétaire fédéral du PS dans l'Aude, évoque une "division très forte" au sein de la majorité sortante et se positionne comme une alternative progressiste dans une ville qu’il juge "très fracturée".
Alors que le Rassemblement national s'affirme et attire un public désireux de changement, les acteurs politiques de Carcassonne se préparent à une bataille électorale qui pourrait redessiner le paysage local. Les prochains mois s'annoncent cruciaux pour l'avenir de cette commune emblématique.







