Le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a officiellement annoncé une initiative sans précédent : la régularisation de 500 000 travailleurs sans-papiers d'ici 2026. Cette annonce, bien que légitime d'un point de vue humanitaire, est paradoxalement accueillie avec fermeté par certains membres de l'Union européenne, y compris la Commission européenne et divers groupes de droite et d'extrême droite au sein du Parlement européen.
Ce n'est pas la première fois que l'Espagne prend une telle décision. En 2005, un précédent avait eu lieu avec la régularisation de 750 000 migrants. Ce bilan témoigne d'une politique d'intégration qui, jusqu'ici, avait prouvé son efficacité. Selon des études menées par la directeur de recherche à l'Institut de politiques migratoires, cette démarche pourrait non seulement améliorer la situation économique de ces travailleurs, mais aussi dynamiser le marché du travail en Espagne.
Pourquoi ce choix est-il si crucial aujourd'hui, alors que l'Europe se prépare à adopter des mesures plus strictes à l'égard des demandeurs d'asile ? La députée européenne Ana Miranda, membre du parti Les Verts et du Bloc nationaliste galicien, souligne que "la régularisation des sans-papiers est primordiale pour garantir des droits fondamentaux tout en répondant à des besoins économiques croissants". Dans un contexte où le débat sur l'immigration devient de plus en plus polarisant, l'exemple espagnol pourrait servir de point de référence pour d'autres pays européens.
Les critiques de cette politique, cependant, ne sont pas à ignorer. Les groupes de droite arguent que cette initiative inciterait à une immigration illégale accrue. Toutefois, de nombreux experts, comme l'économiste Julien Goudal, font valoir que l'intégration des travailleurs sans-papiers renforce à terme la société, en favorisant la diversité et l'enrichissement culturel.
Alors que les débats autour de l’immigration et des droits des réfugiés s’intensifient, l'Espagne semble vouloir s'imposer comme un modèle progressiste, défiant le conservatisme croissant au sein de l'Union européenne. L'avenir socio-économique du pays pourrait en dépendre, une dynamique que d'autres nations devraient scruter de près.







