Des managers Onlyfans ciblent des mineures sur les réseaux sociaux

Des stratégies de recrutement douteuses sur les réseaux sociaux mettent en lumière des dérives.
Des managers Onlyfans ciblent des mineures sur les réseaux sociaux
JONATHAN RAA / NURPHOTO / NURPHOTO VIA AFP
Avec l'essor des créatrices de contenus pour adultes sur des plateformes comme Mym ou Onlyfans, l'émergence de 'managers' offrant leur soutien s'intensifie. Ces agents démarchent des femmes, y compris des mineures, incitant à explorer ces domaines.

Un jour de janvier, Morgane, 27 ans, a reçu un message d'Alexis*, qui lui a présenté son activité avec un ton enjôleur. "Salut, tu aurais deux minutes ? J'ai un business qui cartonne : l'OFM" expliquait-il, tout en partageant des images de luxes et des promesses de gains fabuleux.

Sur son compte Instagram, il affichait des photos à Dubaï avec des supposés résultats financiers impressionnants. "Gagner 10.000 dollars en une semaine", clamait-il. Morgane, attirée par ces promesses, était intriguée, mais elle ressentait quelque chose de troublant.

"Je suis à la recherche d'une modèle française (...) tu as un super profil", affirmait le jeune homme, encore étudiant selon son profil.

L'OFM, ou Onlyfans management, vise à soutenir les créateurs de contenus sur des plateformes comme Onlyfans et Mym. Depuis la crise sanitaire, la fréquentation de ces sites, y compris ceux à caractère sexuel, a considérablement augmenté.

De nombreux jeunes hommes attirés par la promesse d'une richesse rapide se lancent sous l'égide de ces managers. Leurs publications ressemblent souvent à des comptes identiques : voitures luxueuses, hôtels à Dubaï, et des graphiques démontrant des gains mensuels exorbitants.

Des approches via les réseaux sociaux

Pour élargir leur portée, les managers de l'OFM ciblent non seulement les femmes déjà actives dans la création de contenu, mais aussi des inconnues sur les réseaux sociaux. Une formation suggère d'envoyer jusqu'à 600 messages par jour pour maximiser l'impact.

Morgane témoigne : "Depuis deux ans, je reçois régulièrement de telles sollicitations, que ce soit sur Instagram ou d'autres plateformes. C'est constant". Inès*, 22 ans, a également constaté ce phénomène : "Je reçois ces offres alors que je ne suis même pas une créatrice de contenu".

Les promesses d'un succès rapide

Souvent, ces messages précisent qu'une réussite rapide est à portée de main en rejoignant ces plateformes. Cependant, des rapports montrent que la majorité des utilisateurs d'Onlyfans ne gagnent pas des sommes aussi élevées que prétendues.

Une étude gouvernementale a révélé que le revenu moyen était loin des 10.000 euros promis, signalant que seule une infime partie correspondait à ce chiffre débordant. Les managers, cependant, continuent de pousser des histoires impressionnantes, prétendant aider leurs modèles à réaliser des rêves: payer des loyers ou acheter des maisons.

Cependant, ces offres ne viennent pas sans coûts : les managers peuvent réclamer jusqu'à 60% des revenus générés par les créatrices. Inès refuse catégoriquement de répondre : "Je sais que leur persécution commence souvent par un échange".

Des pratiques inacceptables

Les démarches de ces managers ne sont pas régulées, et certains parlementaires appellent à des changements législatifs. Dans un rapport récent, des députés, incluant Arthur Delaporte et Stéphane Vojetta, soulignent que ces démarches massives visent aussi des mineures.

Nessaya, 21 ans, partage son expérience : "J'ai commencé à recevoir ces sollicitations à 17 ans. Ils ne se gênent même pas". Certains managers n'hésitent pas à aborder des jeunes filles malgré les indications claires de leur âge sur les profils.

Lors d'une rencontre avec Alexis, Morgane a d'ailleurs menti sur son âge pour tester sa réaction. La réponse ne s'est pas faite attendre, avec des suggestions inappropriées pour passer à un autre canal, Telegram, pour contourner les règles d'Onlyfans.

Une proposition de loi en préparation

Pour lutter contre ce phénomène préoccupant, une nouvelle législation est en discussion à l’Assemblée nationale, visant à établir une nouvelle infraction pour le démarchage des mineurs. L'objectif : renforcer les sanctions à l'encontre des approches malintentionnées.

Marie Mercier, l'autrice de cette proposition, souligne que le but est de décourager des pratiques liées à la vulnérabilité. Elle souhaite voir la pénalité s'élever jusqu'à sept ans d'emprisonnement et 150.000 euros d'amende pour les contrevenants.

Dans ce cadre, il est également question de dénoncer les abus dont les créateurs de contenu peuvent faire l'objet : vol d’argent, sollicitation à des contenus de plus en plus audacieux, harcèlement moral, etc. Cela montre l’urgence d’une intervention législative pour protéger les personnes les plus vulnérables sur ces plateformes.

Lire aussi

La passion des collectionneurs s'invite à Saint-Sébastien-sur-Loire
Participez au salon de la numismatique à Saint-Sébastien-sur-Loire le 21 février 2026. Échanges et découvertes au programme.
19h09
Des managers Onlyfans ciblent des mineures sur les réseaux sociaux
Une enquête sur la montée des managers Onlyfans qui démarchent des femmes et parfois des mineures sur les réseaux sociaux, suscitant de vives inquiétudes.
18h48
L’impression 3D : révolution au cœur des entreprises
Explorez l'impact de l'impression 3D sur les entreprises et comment cette technologie révolutionne leur fonctionnement.
18h21
Ce veloutier de Lyon, fournisseur de luxe, au bord de la disparition : la quête d'un sauveur
La manufacture de velours de Lyon, fournisseur des plus grandes maisons de luxe, est à l'arrêt. Un appel à l'aide pour sauver un savoir-faire unique face à des défis économiques et compétitifs.
16h22
L'accord commercial avec les États-Unis : des doutes croissants en Inde
L'accord commercial entre l'Inde et les États-Unis suscite de vives inquiétudes. Les économistes pointent des contradictions et des risques potentiels pour l'économie indienne.
10h06
L'Australie relance ses ambitions nucléaires après l'annulation du contrat français
Découvrez l'investissement de 3,9 milliards d'AUD de l'Australie pour ses sous-marins nucléaires après la rupture du contrat avec la France.
09h38