Ce veloutier de Lyon, fournisseur de luxe, au bord de la disparition : la quête d'un sauveur

La fabrique de velours à Lyon, indispensable aux grandes marques, fait face à une crise majeure.
Ce veloutier de Lyon, fournisseur de luxe, au bord de la disparition : la quête d'un sauveur
Métiers à tisser, Velours de Lyon - Velours de Lyon
Coup dur pour Velours de Lyon. Le repreneur envisagé n’a pas pu lever les fonds nécessaires, plongeant la célèbre manufacture dans l’incertitude. À l’arrêt depuis fin janvier, ce dernier acteur du velours, partenaire de grandes marques comme Chanel et Armani, espère toujours attirer un investisseur prêt à injecter 1,5 million d’euros pour préserver son savoir-faire précieux.

Dans l’est lyonnais, les métiers à tisser de Velours de Lyon perpétuent une tradition artisanale de plusieurs siècles. Fondée en 1977 suite à la fusion de Bouton et Jacquard Renaud, l’entreprise est dirigée par la troisième génération de la famille Renaud. Si elle est labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV), elle gère tout le processus de production : de la sélection des textiles à la finition, en passant par la teinture.

Chaque année, environ 100 000 mètres de velours sortent de ses ateliers, un chiffre loin des 500 000 mètres réalisés dans les années 1980, mais qui positionne encore l’entreprise dans le créneau très haut de gamme des étoffes. Ses clients vont des géants du luxe comme Chanel, Louis Vuitton et Oscar de la Renta à des théâtres et institutions culturelles.

Un modèle intégré rare, difficile et fragile

La fabrication du velours est un art complexe, nécessitant la coordination précise de fils et des techniciens hautement qualifiés. "Le plus difficile, c’est de conserver ces compétences", souligne Gilles Renaud, co-dirigeant de la société. En dépit des défis, l’intégration de la teinture et du tissage sur place reste une exception en France.

"Avant la pandémie, nous enregistrions environ 5 millions d’euros de chiffre d’affaires, mais cet événement a fait chuter nos revenus de 50%"

En effet, après avoir perdu un client clé du secteur luxe en 2023, la situation s'est aggravée. De plus, un prêt garanti par l’État (PGE) de 900 000 euros est resté impayé, tandis que la dette de l’URSSAF a été annulée, ce qui pourrait alléger la charge pour un futur repreneur.

110 000 euros pour les actifs, 1,5 million pour relancer la machine

Actuellement, la manufacture est à l’arrêt et sous le contrôle d’un liquidateur. "Les métiers sont encore chargés de tissus, nous espérons un repreneur qui mettrait la machine en marche à nouveau", explique Gilles Renaud. Il reste optimiste quant à l’intérêt croissant des investisseurs potentiels, appelant à un projet industriel sérieux, plutôt qu'une simple opération financière.

Aujourd'hui, le défi reste de trouver l'investisseur apte à maintenir cette tradition textile unique. Les frères Renaud continuent de partager leur histoire sur les réseaux sociaux, espérant ainsi attirer l'attention sur leur savoir-faire menacé.

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