Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur français, s'envolera pour Alger les 16 et 17 février 2026 pour un déplacement stratégique. Cette visite vise à faire avancer plusieurs dossiers importants qui opposent la France et l'Algérie.
Avec des tensions palpables dans les relations entre les deux nations, Nuñez a déclaré samedi qu'il s'agira d'« une réunion de travail pour discuter de toutes les questions de sécurité qui intéressent la France et l’Algérie ».
Initialement, le ministre avait conditionné son déplacement à des résultats tangibles concernant la lutte contre l'émigration clandestine et la sécurité. Ce changement d'attitude pourrait être dû à un échange constructif avec son homologue algérien, Saïd Sayoud, qui a eu lieu le 12 février. Ségolène Royal, présidente de l'association France-Algérie, a également pesé sur cette décision, incitant Nuñez à faire le voyage malgré ses réserves.
Nuñez rencontrera le président algérien Abdelmadjid Tebboune pour aborder des sujets délicats, notamment le retour des ressortissants algériens en situation irrégulière en France. Alors qu'il a été rapporté qu'aucun laissez-passer consulaire n’a été émis depuis un an, le ministre tentera d'obtenir des engagements sur ce point, malgré le refus d'Abdelmadjid Tebboune de délivrer ces documents précédemment, invoquant des tensions avec le gouvernement français.
Libération du journaliste Christophe Gleizes
La coopération en matière de sécurité sera aussi au cœur des discussions, notamment dans la lutte contre le terrorisme et le trafic de drogue. Selon un diplomate français, les contacts entre les deux pays ont stagné, rendant ces échanges cruciaux. « Nos chefs des services de police, de gendarmerie et de renseignements ne se parlent plus depuis longtemps », a-t-il déploré.
Un autre sujet sensible sera la libération du journaliste Christophe Gleizes, condamné à sept ans de prison pour des accusations liées à ses activités avec le Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie, jugé terroriste par le gouvernement algérien. Gleizes a fait appel et son cas reste une source de tension importante.
L'absence de l'ambassadeur de France, Stéphane Romatet, lors de cette visite souligne les difficultés persistantes dans les relations diplomatiques. Bien que des signes de rapprochement se soient manifestés, comme la reprise des achats de céréales françaises par l’Algérie, les certitudes quant à un avenir positif semblent encore lointaines.
De plus, les réserves de Tebboune concernant Emmanuel Macron, qu'il considère comme « peu fiable », ajoutent une couche complexe à cette rencontre. Cependant, Laurent Nuñez a des liens personnels profonds avec l'Algérie, ayant des origines familiales dans la région d'Oran, ce qui pourrait influencer la dynamique de leur dialogue.







