Discuter du don d'organes pourrait être la clé pour en améliorer l'acceptation. Bien que plus de 6 000 greffes soient effectuées chaque année, plus de 29 000 personnes attendent un don. L'association ADOT 71 exhorte chacun à partager son choix avec sa famille pour sauver des vies.
"J'ai mes anti-rejets, ce qui me permet de garder le greffon dans mon corps, m'explique Michel, un patient greffé. Après la greffe d'un rein, je fais face à l'insuffisance rénale et d'autres complications. Les médicaments à prendre deux fois par jour sont essentiels : "Mon immunité diminue et la fatigue s'accumule, c'est pourquoi je dois suivre un traitement plus lourd."
Greffé en 2011, le rein de Michel touche à sa fin de vie utile. Il devra bientôt recommencer des dialyses, un processus épuisant mais vital pour éliminer les toxines de son sang. "J’ai eu la chance d’avoir un rein sain pendant 14 ans, et je remercie mon donneur tous les jours," raconte-t-il. Pour une nouvelle greffe, il devra se réinscrire sur la liste d’attente.
Le don d'organes, un sujet encore tabou
Un sondage de l'agence de biomédecine révèle que 80 % des Français sont favorables au don d'organes, mais seulement 53 % en ont discuté avec leurs proches. Au centre hospitalier de Chalon-sur-Saône, les interrogations persistent.
Une passante confie : "Je donnerais volontiers mes organes, mais mon mari est moins enthousiaste, car il craint des mutilations."
La décision des familles : un enjeu crucial
La loi de 1995 stipule que tout le monde est présumé donneur, à moins d'être inscrit sur un registre de refus. Cependant, les médecins se tournent souvent vers les familles pour obtenir un accord, car "le manque de discussion sur le don d’organes dans les familles conduit souvent à la confusion au moment crucial," explique Dr Philippe Dubot, néphrologue.
Dans de nombreux cas, c'est la famille qui doit décider. Les prélèvements ne se font que sur des personnes en état de mort cérébrale, ce qui réduit le nombre de donneurs potentiels.
Le refus des proches : un fléau pour les greffes
Pour sensibiliser les jeunes, l’association ADOT 71 intervient dans les écoles et les événements publics. "En 2024, 3 100 décès cérébraux avaient le potentiel de donner, mais seulement 2 500 ont donné," observe Georges Rollin, président d’ADOT 71. La famille n'étant souvent pas au courant des volontés du défunt, environ 40 % des familles refusent.
Cette situation entraîne la perte de 1 000 greffes potentielles chaque année. Odile, dont le mari avait accepté de donner, témoigne : "Lorsqu’ils m’ont demandé la permission pour la greffe de son cœur, j’ai été dévastée. Je n’arrivais pas à voir cet organe, symbole de notre vie ensemble, être donné à un inconnu."
En France, plus de mille villes et villages font la promotion du don d'organes.
► Avec Alexandre Baudrand et Anthony Borlot







