L'idée d'un retour de la Région Alsace n'est pas bien accueillie par de nombreux élus de premier plan. Dans une tribune parue dans La Tribune dimanche, les présidents de dix régions affirment que cette proposition de loi constitue une "faute institutionnelle, politique et historique".
Au cours d'une séance prévue le 7 avril, l'Assemblée nationale examinera un projet de loi visant à créer une "collectivité unique" d'Alsace, signifiant ainsi une déconnexion de la région Grand-Est. Les signataires de cette tribune, dont Franck Leroy, président du Grand-Est, et Carole Delga, présidente de la région Occitanie, n'ont pas manqué de faire part de leurs préoccupations.
Une critique acerbe face à un projet influencé par l'extrême droite
Dix ans après la fusion des régions à l'initiative de l'ère Hollande, ce texte est déposé par le groupe Ensemble pour la République (parti macroniste). Pour les signataires, ce projet répond aux attentes de l'extrême droite, qui fait régulièrement du démantèlement des régions une de ses priorités. Jean-Luc Mélenchon, pour sa part, a dénoncé l'arrière-plan politique de cette initiative durant une récente conférence de presse.
En pleine crise économique, climatique et géopolitique, certains élus regrettent que ce débat s'impose à un moment où les citoyens attendent des réponses concrètes sur des questions cruciales telles que le pouvoir d'achat et l'emploi. Les signataires ont mis en avant l'absurdité d'introduire une nouvelle taxe, vous lisez bien, pour financer cette prétendue "transition", comme si cela relevait d'une économie véritable.
Vers une approche inclusive plutôt que divisive
Ils prévoient que, si ce texte est adopté, il servira de prétexte aux lobbies locaux pour revendiquer autonomie et indépendance. À une époque où la cohésion nationale est déjà mise à mal, il est essentiel de construire des ponts plutôt que des murs, affirment-ils. "Recoudre au lieu de déchirer", c'est le message urgent qu'ils lancent.
Les préoccupations concernant la direction prise par le gouvernement ont aussi été soulevées lors de la célébration des dix ans des nouvelles régions à Paris. "L'urgence serait-elle vraiment de modifier le millefeuille institutionnel à ce stade?", s’interrogeait Carole Delga lors de son discours d’ouverture. En outre, Franck Leroy a jugé ce projet "fondé sur du sable", déplorant le manque d'études d'impact concrètes.







