Environ 18 % des stations-service en France se trouvent en rupture temporaire d'au moins un type de carburant après les célébrations de Pâques, selon le gouvernement. Des "problématiques logistiques" sont évoquées, mais ce dernier écarte toute idée de pénuries généralisées.
Le géant énergétique TotalEnergies a de son côté prolongé son plafond de prix sur le carburant jusqu'à la fin avril, avec une hausse du prix du diesel.
Maud Bregeon, ministre déléguée à l'Énergie, a déclaré sur RMC/BFMTV que le nombre de stations sous tension avait bondi depuis samedi, où la situation était beaucoup plus stable.
Le président d'TotalEnergies a précisé que son entreprise a relevé le plafond à 2,25 euros par litre pour le diesel, tandis que l'essence reste à 1,99 euro. Cette décision a conduit à des pénuries dans certaines stations, comme à Bordeaux, où la disponibilité du bioéthanol est limitée, et certaines stations sont complètement à sec.
Olivier Gantois, président de l'Union française des industries pétrolières (UFIP), a souhaité rassurer les consommateurs. "Les stations seront majoritairement réapprovisionnées rapidement", a-t-il affirmé sur RTL, ajoutant qu'il n'a pas détecté de vrais signes de pénurie et qu'il avait "quelques semaines de visibilité" sur l'approvisionnement.
Cependant, l'augmentation des prix, conséquence du conflit au Moyen-Orient, a eu un impact notable sur les budgets des Français. Bien que la consommation ait légèrement augmenté, certaines personnes, comme Margot, une autoentrepreneuse, ont dû suspendre leur activité en raison de l'envolée des prix à la pompe.
Les manifestation s'intensifient, notamment à Nantes, où des entreprises de travaux publics expriment leur mécontentement face à cette situation. Andrea Lemasson, de la Chambre nationale des artisans des travaux publics et du paysage (CNATP), a souligné que la hausse des prix pèse sur les finances des entreprises.
Sur l'île de Corse, des pêcheurs ont bloqué six ports, appelant à mettre un terme à la "spirale mortifère" de l'augmentation des prix.
Face à ce climat de mécontentement, le gouvernement envisage d'introduire de nouvelles aides pour des professions particulièrement touchées, comme les aides-soignants et certains agriculteurs. Toutefois, aucune aide universelle ni blocage des prix ne sera instauré, écartant la demande de la CGT pour un prix maximum à la pompe.
Par ailleurs, le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a contacté la Commission européenne pour qu'elle enquête sur les marges des raffineries afin de garantir qu'il n'y ait pas d'abus. D'autres pays européens, tels que l'Espagne et l'Italie, ont rejoint l'appel pour une taxe sur les bénéfices exceptionnels des entreprises énergétiques.







