Alors que la tensions entre la mairie de Saint-Ouen et le restaurant Master Poulet s’intensifie, le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a décidé de montrer son soutien à l’enseigne emblématique. Dans une vidéo publiée le 29 avril sur X, il se filme en train de commander un repas au sein de ce fast-food. Cette prise de position fait écho à un conflit qui divise les élus locaux.
Au cours de cet échange capturé en vidéo, Bally Bagayoko discute avec le gérant de Master Poulet, mettant en avant l’offre de l’établissement : "Ils font même de l’alloco", souligne-t-il. Le gérant réplique sarcastiquement sur les aspirations de certains à vouloir des restaurants étoilés, tandis que le maire rétorque : "Ah bah non, on n’a pas besoin de ça, nous". À la fin de la vidéo, il conclut fièrement : "Master Poulet, un coup K.O".
Master poulet 1 coup KO pic.twitter.com/39LQMRm8sa
— Bally Bagayoko (@BallyBagayoko) April 29, 2026
Un combat politique en pleine lumière
Cette vidéo n’est pas un geste anodin. La controverse autour de Master Poulet s’est intensifiée depuis le 11 avril, après que le maire socialiste de Saint-Ouen, Karim Bouamrane, ait exprimé ses réserves sur l’établissement, le jugeant incompatible avec l’objectif de qualité de vie de sa ville. Pour sa part, Master Poulet a réagi par le biais d’une banderole affichée devant son restaurant, accusant la municipalité de corruption dans l’attribution des locaux : "Comment les mairies attribuent-elles les locaux ? #MasterPoulet contre la corruption".
En réponse, la mairie de Saint-Ouen a installé des blocs de béton devant le fast-food, jugés comme une manière d’entraver son activité. Ce schisme entre élus n'est cependant pas nouveau ; il remonte à la bataille pour la présidence de l'intercommunalité Plaine Commune, promettant une lutte continue pour l'avenir de ces deux communes.
De nombreux citoyens et analystes politiques ne cachent pas leur étonnement face à la stratégie adoptée par Bally Bagayoko. Selon l'économiste local, Sophie Leroy, "ce soutien peut se révéler stratégique dans le cadre des prochaines élections, où les opinions des jeunes électeurs sur les fast-foods peuvent changer la donne". Dans un contexte de tensions politiques croissantes, le maire fait donc un choix audacieux, mais risqué, rythmé par les passions locales.







