Le socialiste Boris Vallaud prend encore ses distances avec Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste (PS), en annonçant son départ de la direction du parti. Avec les élections présidentielles de 2027 à l'horizon, leur opposition ne se limite pas à leurs stratégies respectives, mais touche également à des choix programatiques cruciaux.
Dans une lettre adressée à Olivier Faure, rendue publique par l’AFP, Alexandre Ouizille, un proche de Vallaud, dénonce une "collégialité bâclée" et une "brutalisation des instances du parti". Ces critiques soulignent un désaccord croissant sur la manière dont les décisions sont prises au sein du PS.
L’ensemble du courant de Boris Vallaud, comprenant 24 membres dont 21 secrétaires nationaux, le suit dans cette décision. Ce départ souligne les tensions palpables au sein du parti, particulièrement autour de la question d'une primaire de la gauche : un sujet sur lequel Olivier Faure est en désaccord avec Vallaud.
La primaire à gauche mal engagée
Les partisans de la primaire non-mélenchoniste, tels qu'Olivier Faure et l'écologiste Marine Tondelier, continuent de faire avancer l'initiative "Front populaire 2027" au cours de réunions, comme celle tenue le 5 mai à La Bellevilloise à Paris. Toutefois, la mise en œuvre de cette primaire semble déjà compromise.
Malgré ce départ majeur, Olivier Faure demeure à la tête du PS, bien qu'il se retrouve désormais isolé et moins soutenu. En effet, après avoir terminé troisième lors du dernier congrès, le soutien que Vallaud avait apporté à Faure était perçu comme essentiel pour sa leadership.
"L’accord politique avec notre texte d'orientation impliquait notre participation aux discussions stratégiques et un dialogue constant", déclare Alexandre Ouizille, soulignant que cette dynamique n'existe plus. Faure est accusé de prendre des décisions unilatérales, souvent en dehors des instances party.
« Démarchandisation » contre « liberté »
Ce départ de Vallaud intervient à un moment où il s'est également distancié sur des points fondamentaux liés au programme, le PS ayant présenté son projet le 22 avril basé sur le thème de la "liberté". Concurrentiellement, Vallaud a publié son livre "Nos vies ne sont pas des marchandises" le 24 avril, visant une réflexion plus à gauche que les orientations actuelles du PS.
Vallaud, qui mène cette fronde interne, plaide pour une "démarchandisation" de certains secteurs d'activité. "Le monde est devenu une immense boutique, où tout est à vendre, de la naissance à la mort", affirme-t-il dans son livre. Cette position marque une tentative marquée de la part de Vallaud de réorienter le PS vers une gauche plus radicale.
Le 18 avril, il avait également lancé "Construire 2027" avec Yannick Jadot et Raphaël Glucksmann pour développer une initiative de rassemblement de la gauche, en dehors de la France Insoumise, avant de se concentrer sur la désignation d'un candidat.







