À quelques années de la prochaine présidentielle, une étude récente de la Fondation Jean-Jaurès révèle que seulement 35% des électeurs d’Emmanuel Macron en 2022, surnommés les "héritiers", prévoient de rester alignés sur le bloc central. Parmi ces votants, une majorité appelle cependant à des réformes notables.
Cette étude, publiée le 29 mai, expose une fragmentation inquiétante de l'électorat macroniste, avec 27% tentés par la droite, 23% rejoignant la gauche et 15% se déclarant "désabusés". Ce changement d'attitude témoigne d'un souci croissant au sein de cet ancien soutien, qui avait permis à Macron d’être réélu en rassemblant des voix venues d’horizons variés.
Au premier tour de 2022, l’actuel président avait siphonné les voix de la gauche et de la droite, ce qui avait largement contribué à sa victoire contre ses rivaux tels qu'Anne Hidalgo (gauche) et Valérie Pécresse (droite).
Même parmi ces "héritiers", moins de 35% envisagent de voter pour Horizons, le parti dirigé par Édouard Philippe, ou Renaissance, mené par Gabriel Attal, qui a récemment annoncé sa candidature. Ce constat souligne une compétition de plus en plus directe entre Philippe et Attal, surtout si une situation de second tour RN-LFI se profile à l'horizon de 2027.
Les "héritiers" refusent en majorité la continuité
Édouard Philippe, ancien Premier ministre et maire du Havre, semblent avoir un net avantage en termes de popularité auprès des électeurs potentiels, devant Gabriel Attal selon diverses enquêtes. Les votants expriment un besoin évident de changement, avec 57% d'entre eux souhaitant "réformer la société française en profondeur”, un sentiment renforcé par Antoine Bristielle, directeur de l’Observatoire de l'opinion à la Fondation Jean-Jaurès.
Les segments d’électeurs tentés par la droite soulignent des préoccupations identitaires, où 67% estiment que le contrôle de l'immigration sera décisif dans leur choix. En revanche, ceux attirés par la gauche semblent s'inquiéter davantage des enjeux environnementaux et sociaux, démontrant la nécessité d'une approche nuancée pour mobiliser ces différentes franges de l'électorat.
Pour les "désabusés", la critique du bilan d'Emmanuel Macron est constante, 51% d'entre eux se déclarant mécontents des résultats de son mandat. Ces préoccupations se fondent notamment sur des déclarations critiques de figures politiques comme Gérard Larcher, qui a souligné que la situation financière de la France pourrait nuire à la capacité d’amortir les crises futures.
Cette enquête s’appuie sur des données fournies par Ipsos pour la Fondation Jean-Jaurès, Le Monde et Cevipof, et a été réalisée auprès de plus de 11 000 Français face aux enjeux électoraux futurs.







