Le récent décès de Quentin, un étudiant en mathématiques, a ravivé les interrogations sur le collectif identitaire Némésis. Âgé de 23 ans, Quentin a perdu la vie suite à une agression survenue lors d'une manifestation à Lyon. Cette action se déroulait en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan, à laquelle des membres de Némésis participaient. Les parents de Quentin, par l'intermédiaire de leur avocat, ont insisté sur le fait qu'il n'était en aucun cas impliqué dans la sécurité de l'événement.
Némésis, fondé en 2019 et dirigé par Alice Cordier, cherche à donner une voix aux victimes de violences souvent ignorées par les établissements traditionnels. Dans une précédente interview à l'AFP, Cordier avait évoqué le manque de soutien pour ce collectif et la nécessité pour des militantes de quitter leur emploi afin de défendre leurs idéaux.
Le collectif, dont le nom s'inspire de la déesse grecque de la vengeance, se dit engagé pour la protection des femmes, bien que cette position soit contestée par d'autres groupes féministes. Alice Cordier a fait valoir que les thématiques de violence à l'égard des femmes sont indissociables des problématiques d'immigration, arguant que le féminisme traditionnel a échoué à intégrer cette question.
Avec environ 300 militantes revendiquées et une présence notable sur les réseaux sociaux (110.000 abonnés sur Instagram, 120.000 sur X), Némésis s'efforce d'accroître sa visibilité, relayant des affaires de violences sexuelles en mettant souvent en avant la nationalité des suspects. Ce faisant, le collectif utilise également des médias partisans, comme CNews et Europe 1, pour amplifier son message.
Malgré cette visibilité, des experts comme Magali Della Sudda, directrice de recherche au CNRS, soulignent que la portée réelle de Némésis sur le terrain est limitée, avec une action dans la rue qui ne correspond pas à leur popularité en ligne. Des analystes comme Tristan Boursier notent que les actions de Némésis, souvent perçues comme des intrusions dans des manifestations féministes, sont avant tout une stratégie de communication visant à provoquer et à attirer l'attention.
Les actions coup de poing de Némésis continuent de diviser. Le 8 mars dernier, lors de la Journée internationale des droits des femmes, le groupe avait organisé une marche séparée, revendiquant des messages tels que la fin de l'immigration de masse. Cette approche provocatrice a suscité des critiques de la part de nombreux syndicats et associations, qui ont accusé le collectif de perturber des manifestations historiques et essentielles pour les droits des femmes.







