LE PORTRAIT DE LA SEMAINE. L'officier du CPA 10, Charles d'Azérat, incarne l'engagement inébranlable envers la nation et ses frères d'armes.
À première vue, Charles d'Azérat ne ressemble en rien aux héros sur-entraînés des films d'action. Avec sa silhouette élancée dissimulée dans un blouson de cuir épais et une canne en bois qui accompagne son pas, il fait une impression déconcertante. "Ce n'est pas une blessure de guerre", plaisante-t-il d'emblée, provoquant un sourire face à notre curiosité.
Il retire sa veste, révélant une chemise blanche ornée de médailles prestigieuses : Légion d'honneur, croix de la valeur militaire, et croix du combattant. L'écusson du commando parachutiste de l'air (CPA) numéro 10, symbole d'élite au sein des forces armées, brille sur son épaule gauche.
Une vision guidée par la Providence
Confiant, il ne tarde pas à partager sa philosophie : "Ne soyez pas intimidé. Je devrais vous réduire au silence si je devais tout vous raconter." Sa voix, calme mais ferme, dévoile l'éthique de son engagement : "C'est la Providence qui guide vos pas dans les forces spéciales. Nous avons un tempérament de chevaliers des temps modernes." La notion de "service absolu" s'inscrit dans son quotidien de militaire d elite, transformant la guerre en un acte de dévouement envers autrui, à l'image de l'engagement spirituel qu'il attribue à Saint Michel, l'ange protecteur des parachutistes.
Profiter d'un bon vin de Bourgogne, il admet : "C'est un petit plaisir qui équivaut à de l'or en mission." Les souvenirs des "frères d'armes" perdus au combat, comme Thomas "Denzel" Dupuy et Alexis "Giro" Guarato, viennent assombrir son regard, mais il réaffirme que l'engagement du CPA 10 reste inébranlable.
Des interventions à hauts risques
Son visage, empreint de gravité, évoque la réalité des missions. Tenant sa chevalière en or, il rappelle que "le contrat social des armées est de défendre la nation et ses habitants". Depuis 2013, cet ancien élève de prépa a été au cœur d'interventions stratégiques aux quatre coins du globe là où les intérêts de la France le demandaient.
En 2014, son premier engagement active en République centrafricaine fut certes marquant. "Nous devions capturer un chef de guerre. C'était brutal, violent... À notre entrée dans la villa, nous avons subi le feu des mitrailleuses. Ça s'est terminé à la grenade et à l'arme de poing." Aujourd'hui, le stoïcisme lui fait reprendre le contrôle de la discussion.
Les confrontations avec des groupes djihadistes, comme ceux de Dae’ch au Levant, sont des échos lointains : "Je me suis retrouvé à lutter dans des combats urbains contre des kamikazes. Nous ne tuons pas par envie, mais en défendant ceux qui aspirent à la liberté."
À cœur ouvert, récit d'un commando du CPA 10, de Charles d'Azérat, Mareuil Éditions, 176 pages, 21 €.







