Catherine Grienti, pharmacienne à Exincourt, a vécu un incident troublant lors de sa garde de nuit le weekend dernier. Vers 5h du matin, elle a reçu un appel urgent d'un couple en quête d'une tétine pour leur nourrisson. Bien que Catherine ne soit pas certaine d'en avoir, les clients ont décidé de vérifier sur son site internet. En découvrant que des tétines y figuraient, ils l'ont rappelée, mais leur ton est rapidement devenu agressif.
Malgré ses efforts pour les rassurer et les inviter à venir chercher le produit, elle a précisé que des frais de garde s'appliqueraient, comme le veut la pratique. Cela n’a fait qu'exacerber la situation, les clients manifestant leur mécontentement face à ces conditions.
Suite à ce regrettable incident, Catherine a déposé une main courante et signalé les faits à l'Ordre des pharmaciens. Elle a commenté : “Il est déplorable de constater à quel point certaines personnes réagissent mal lorsqu'on évoque des frais pour un service rendu, surtout en pleine nuit.”
Ce type d'agression verbale n'est pas un cas isolé. La présidente de l'Ordre des médecins, Frédérique Nassoy-Stehlin, a indiqué que plus de 2 000 incidents d'agressions sur des soignants sont recensés annuellement en France, une statistique qui, selon elle, ne reflète pas la réalité complète car de nombreux cas restent sous-déclarés. Ce chiffre est en augmentation constante, illustrant un besoin urgent d'améliorer la sécurité du personnel soignant.
Pour contrer cette montée de la violence, une nouvelle législation a été introduite, connue sous le nom de loi Pradal du 9 juillet 2025, proposée par le député Philippe Pradal. Les peines encourues pour des agressions sur des soignants ont été significativement renforcées, avec des peines allant jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende en cas d'ITT de plus de huit jours. La loi prévoit également des peines encore plus lourdes pour les agressions sexuelles.
Frédérique Nassoy-Stehlin a également souligné l'importance de cette loi, déclarant : “Il est préoccupant de voir tant de médecins se sentir obligés de déposer une simple main courante plutôt qu'une plainte formelle. La loi Pradal est un pas dans la bonne direction pour garantir un véritable respect et protection des soignants”.
La multiplication de ces actes de violence contre le personnel de santé interpelle et nécessite une réflexion collective sur la façon dont la société protège ceux qui veillent sur sa santé.







