Une vingtaine d'étudiants et d'enseignants ont uni leurs voix le 12 mai 2026 sur le campus de Dijon pour dénoncer la hausse des frais d'inscription ciblant les étudiants hors Europe. Gédéon, un étudiant congolais en master de droit, partage son inquiétude face à cette réforme : "C’est une galère de plus". Cette initiative fait partie du plan gouvernemental "Choose France for Higher Education" qui prévoit une augmentation significative des frais pour les étudiants non européens : 2 895 euros par an pour une licence et 3 941 euros pour un master, à comparer aux tarifs actuels de 178 et 254 euros respectivement.
Pour Gédéon, cela signifierait une multiplication par seize de son budget formation. Déjà employé dans un supermarché, il se retrouve dans une situation délicate : "Je vais devoir travailler encore plus, avec un impact certain sur mes révisions. Avec la suppression des aides au logement, c’est vraiment difficile pour nous".
une vingtaine de personnes présentes
Le sit-in a été organisé par la Fédération Étudiante de Bourgogne Inter-Associative (FEBIA), bien que son président, Robinson Daoust, ait déploré une participation limitée à cause des examens. "Le but est de montrer que toute la communauté universitaire s'oppose à ce décret", a-t-il affirmé.
Des enseignants ont également manifesté leur soutien, dont Sébastien Leurent, enseignant-chercheur en mathématiques, qui a souligné la valeur ajoutée des étudiants internationaux : "Ils enrichissent notre université, beaucoup choisissent de travailler en France par la suite". Cette pensée est partagée par Vincent Thomas, président de l'université Bourgogne Europe, qui a également témoigné lors de la mobilisation. Il a précisé que le conseil d'administration de l'université avait voté à l'unanimité une motion contre cette politique, alertant sur la conséquence désastreuse d'une telle hausse : un appauvrissement de l’attractivité des universités françaises.
Face aux vives critiques, le gouvernement a opposé des ajustements : depuis le 12 mai 2026, les universités pourront exonérer jusqu’à 20% des étudiants concernés, une légère amélioration par rapport à 10% initialement prévu.







