Dans l'Yonne, d'importantes discussions se déroulent autour de l'installation de poulaillers industriels, en réponse à une demande de poulets et d'œufs en constante augmentation, atteignant des niveaux records en France. Cette évolution pousse même à l'importation de produits en provenance d'Ukraine, de Pologne et du Brésil. Pour soutenir cette filière, le gouvernement français envisage d'assouplir les réglementations concernant l'installation de méga-poulaillers, suscitant des réactions variées.
Certaines voix s'élèvent en faveur de cette initiative, comme celle de Gildas André, agriculteur à Courson-les-Carrières. Il a intégré un poulailler industriel à son exploitation céréalière, un projet qu'il considère comme bénéfique. Son bâtiment de 1380 mètres carrés abrite environ 27 000 poulets, qui, en plus de générer un revenu supplémentaire grâce à la vente de fumier, lui permettent de faire face aux fluctuations du marché. "Aujourd'hui, je me dégage un salaire de mon atelier élevage, même un peu au-dessus de mes prévisions," confie-t-il.
Du côté des riverains, comme Stéphane, cette installation ne pose pas de problème, "Moi, je n'ai aucune nuisance. Pas de bruit, il n'y a pas d'odeur, rien. A priori, oui, l'endroit est bien choisi," dit-il. Sandrine, une fleuriste du coin, partage un point de vue similaire mais souligne l'importance du bien-être animal: "Le bien-être animal, c'est une question à poser," mentionne-t-elle, mettant en avant une préoccupation largement partagée.
Cependant, cette vision optimiste fait face à des critiques, notamment concernant un projet d'extension d'un méga-poulailler à Chassy, près d'Aillant-sur-Tholon, où plus d'un million de poulets seraient élevés chaque année. Baptiste Rouger, de la Confédération paysanne de l'Yonne, dénonce les conditions d'élevage. "Il y a un problème très important de bien-être animal, avec plus de 22 poulets par mètre carré. C'est assez monstrueux," déclarent des opposants qui soulignent également les risques de pollution et les nuisances générées par un tel projet. "Quand on entasse des milliers d'animaux au même endroit, cela génère des nuisances olfactives," avertissent-ils.
L’enquête publique concernant ce méga-poulailler à Chassy est désormais terminée et consultable en ligne. La décision finale revient désormais au préfet, qui doit trancher sur l’avenir de ce projet jugé controversé.







