En Côte-d'Or, la profession infirmière, souvent perçue comme stable, est confrontée à une réalité inquiétante. 19 infirmières de l'association Asalée, qui intervient à domicile pour le suivi de maladies chroniques, vivent dans l'angoisse de perdre leur emploi suite à une décision de la Caisse Nationale d'Assurance Maladie (CNAM), qui a interrompu son financement en raison de dysfonctionnements dans la gestion de l'association.
Actuellement sous le régime du redressement judiciaire et placé sous la supervision d'un administrateur provisoire jusqu'à fin septembre, le réseau Asalée navigue dans un flou total. Virginie Gerbod, infirmière depuis sept ans, partage ses préoccupations : « Nous avons connu un début d'année difficile, avec un retard de salaires. Même si nous sommes payées, l'incertitude de la situation pèse lourdement sur nos têtes. On parle d'une possible reprise par la CNAM, mais cela rime avec des contraintes de temps qui pourraient nuire à la qualité des soins que nous offrons. »
Rendez-vous essentiels pour des soins de qualité
Les infirmières soulignent l'importance de passer du temps avec leurs patients. Emmanuelle Maillot, qui travaille à Dijon et alentours, explique : « Les consultations peuvent durer jusqu'à une heure. Un suivi correct demande du temps ; soumettre les patients à un cadre restrictif serait contre-productif. » Ce sentiment d’urgence est partagé par ses collègues, qui craignent que leur pratique et leur relation avec les patients ne soient profondément affectées.
Les retards de paiement et l'absence de communication claire sur l'avenir du réseau amplifient le stress. Magalie Michaud, infirmière intervenant à Neuilly-Crimolois, confie : « Depuis fin mars, nous n'avons aucune information sur les négociations entre les administrateurs et la Sécurité Sociale. Cela immobilise tous nos projets. »
Un avenir incertain pour les soins à domicile
L'association Asalée emploie environ 1450 personnes à l'échelle nationale. Le sort de ces infirmières ne concerne pas uniquement leur emploi, mais également la continuité des soins dans des secteurs déjà fragilisés par la crise sanitaire. Selon plusieurs experts du domaine, une véritable reforme de la gouvernance et des financements est nécessaire pour garantir des soins de qualité.
« La situation est complexe et nécessite une attention urgente des autorités. Les patients dépendent de ces soignants, et l'incertitude actuelle n'est bénéfique pour personne », conclut une source bien informée du milieu. Avec un avenir si flou, le désespoir et la solidarité envers les patients demeurent les principales préoccupations de ces infirmières déterminées à continuer leur mission.







