Le Parlement a officiellement adopté, le mardi 16 juin, une loi de réparation pour les enfants réunionnais déplacés vers l'Hexagone, entre 1962 et 1984, dans le but de repeupler des territoires ruraux comme la Creuse.
Ce texte, présenté par la députée Karine Lebon de la Gauche démocrate et républicaine, a reçu un vote unanime au Sénat, confirmant ainsi son adoption après avoir été précédemment approuvé par l'Assemblée nationale. Il crée une commission pour la mémoire, instaure une journée nationale de commémoration le 18 février et ouvre un droit à réparation sous forme d’allocation forfaitaire, versée par un fonds gouvernemental aux victimes ou à leurs descendants.
Un texte pour la justice et la dignité
Officiellement, cette initiative visait à répondre à l'augmentation de la population réunionnaise et à la nécessité de repeupler des départements comme la Creuse, qui a accueilli nombre de ces enfants. Néanmoins, beaucoup d'entre eux ont été victimes de séparations traumatisantes et de maltraitances en familles d'accueil, laissant des marques indélébiles. La ministre des Outre-Mer, Naïma Moutchou, a évoqué les « milliers de trajectoires bouleversées », saluant l'adoption d'un « texte de justice et de dignité » qui aborde un chapitre douloureux de l'histoire de France.
La sénatrice socialiste Audrey Bélim a également fait référence à la souffrance des familles restées sur l'île, souvent marquées par le silence et l'incompréhension face à cette séparation brutale.
Un parcours de rétablissement difficile
Parmi ces enfants, Marie-Germaine Périgogne, ancienne présidente de la Fédération des enfants déracinés des Drom, relate son parcours. Placée en famille d'accueil après avoir été adoptée, elle ne découvre son véritable nom qu'à l'âge de 16 ans, marquant le début d'une quête identitaire complexe. En 2017, Emmanuel Macron reconnaissait cette politique comme une « faute » ayant « aggravé la détresse » de ces enfants, affirmant qu'il est crucial de se rappeler cette histoire pour avancer.
La sénatrice Viviane Malet, qui a porté le texte au Sénat, a déclaré que cette loi constitue « une nouvelle pierre mémorielle dans un long chemin de reconstruction » pour ces enfants déracinés.







