Le 16 juin, la Bolivie et les États-Unis ont signé un accord antidrogue marquant un tournant dans leurs relations, le premier du genre en près de deux décennies. Cet accord implique un investissement de 20 millions de dollars de la part de Washington pour former et équiper les forces boliviennes dans la lutte contre le narcotrafic.
L’ambassade des États-Unis à La Paz a confirmé que cette collaboration aura pour but de renforcer les capacités locales en matière de lutte contre le narcotrafic, incluant des formations, des équipements et un soutien important pour la police et le système judiciaire bolivien.
« Les États-Unis travailleront en étroite collaboration avec le gouvernement bolivien, visant à démanteler les réseaux de trafic de drogue et à promouvoir la transparence », a déclaré un porte-parole de l’ambassade dans un communiqué officiel. Ce nouvel engagement représente un changement significatif, en particulier après que l'ancien président Evo Morales avait, en 2008, rompu les relations avec Washington et expulsé la DEA du pays, comme le souligne Le Monde.
Le président Rodrigo Paz, nouvellement élu, semble vouloir envoyer un message fort en matière de politique étrangère, se réorientant vers des relations plus constructives avec les États-Unis et les organismes multilatéraux de crédit. Les deux pays, bien qu'ayant déjà exprimé leur volonté de restaurer leurs relations diplomatiques, n'ont cependant pas encore nommé d'ambassadeurs depuis ce revirement.
20 millions de dollars alloués par Washington
Ce programme, piloté par le Bureau international de lutte contre les stupéfiants (INL) du département d'État américain, vise également à répondre à des problèmes liés aux délits financiers. « La lutte contre le narcotrafic doit aussi passer par une meilleure coopération sur le plan de la justice », a précisé l’ambassade.
En parallèle, bien que la DEA n'ait pas encore rouvert de bureau en Bolivie, des sources indiquent que l'agence collabore de manière informelle avec les autorités locales, un signe de détente dans les relations entre les deux nations. De plus, La Paz a récemment adhéré à l'initiative "Bouclier des Amériques", lancée par l'administration Trump pour lutter contre le narcotrafic et le crime organisé transnational.
Ce nouvel accord pourrait donc marquer une étape cruciale dans la lutte contre le narcotrafic en Bolivie, mais également illustrer un désir de relance rapide des relations américano-boliviennes, jugées essentielles par de nombreux experts, dont Bernard Vignaud, spécialiste des relations internationales, qui affirme : « La coopération dans ce domaine est primordiale pour la sécurité régionale et internationale. »







