Eduardo Bolsonaro, le troisième fils de l'ancien président brésilien Jair Bolsonaro, a été condamné par contumace à quatre ans de prison pour avoir tenté de faire pression sur les autorités américaines afin qu'elles interviennent en faveur de son père, reconnu coupable de tentative de coup d'État.
Député exilé aux États-Unis, Eduardo, âgé de 41 ans, a été accusé d'entrave à la justice brésilienne en orchestrant son lobbying auprès de l'ancien président américain Donald Trump. Il visait à inciter Washington à imposer des sanctions économiques contre le Brésil, a rapporté le site d'information Le Monde.
Quatre juges de la Cour suprême brésilienne ont soutenu la décision du parquet, incriminant Eduardo pour avoir « menacé les autorités judiciaires et autres institutions ». Selon le juge Alexandre de Moraes, « il n'est pas de l'ordre d'un député fédéral brésilien de faire pression à l'étranger contre son propre pays ».
Eduardo Bolsonaro, dont le mandat a été annulé en décembre pour avoir dépassé le quota d'absences, sera inéligible à toute fonction publique durant huit ans après avoir purgé sa peine. Ces décisions pourront être contestées en appel.
- Tensions -
Eduardo a réagi sur X, affirmant que ce procès « absurde » avait pour but de le disqualifier des prochaines élections. Le sénateur Flávio Bolsonaro, son frère, a qualifié cette condamnation de « vengeance » du juge Moraes et a déclaré que le Brésil ne vivait plus en démocratie.
Initialement, le lobbying d'Eduardo semblait porter ses fruits; Washington avait imposé une surtaxe de 40 % sur certains produits brésiliens, mais celle-ci a été suspendue en novembre en raison de l'inflation aux États-Unis.
La fin des sanctions économiques a coïncidé avec un réchauffement des relations entre les États-Unis et le Brésil, surtout après que les sanctions contre Moraes ont également été levées.
Cette affaire survient au moment où les tensions entre Washington et Brasilia se ravivent, surtout après la rencontre entre Trump et Flávio Bolsonaro en mai.







