Les douaniers d'Auxerre ont récemment mis la main sur un trésor des temps anciens, estimé à plusieurs dizaines de milliers d'euros. Après plusieurs mois de surveillance, ils ont saisi un millier d'objets archéologiques provenant de fouilles illégales, chez un particulier de Côte-d'Or. Ces biens, récupérés grâce à un détecteur de métaux, ont été remis à la Direction régionale des affaires culturelles lors d'une cérémonie à Dijon, le 11 mars dernier.
Un fléau qui se développe
La douane, connue pour son rôle dans la lutte contre le trafic de stupéfiants, d'armes ou de tabac, met également l'accent sur la protection du patrimoine archéologique. Enguerrand Delauney, contrôleur des douanes à Auxerre, déclare : "C'est un travail de grande ampleur, il y a de quoi faire. Ce fléau est en pleine expansion. La répression reste faible face à l'ampleur de la pratique et beaucoup de fouilleurs ne comprennent pas qu'ils enfreignent la loi." Pour beaucoup, comme cet amateur bourguignon, la passion des découvertes semble primer sur la légalité.
En effet, ceux qui pratiquent ces fouilles sans autorisation franchissent la ligne. "Dès lors qu'ils n'ont pas l'autorisation, l'utilisation de leur outil devient illégale. Tout objet découvert dans un tel cadre relève des fouilles clandestines et leur détention constitue une infraction," rappelle Delauney. Les douaniers ont surveillé ce chasseur de trésors, qui partageait ses découvertes sur les réseaux sociaux, non pas pour les revendre, mais pour les collectionner.
Des détecteurs de métaux puissants
La douane a saisi des objets de grande valeur, datant parfois de l'âge du bronze, comprenant de nombreuses monnaies, qu'elles soient gauloises, antiques ou médiévales. "C'est un ensemble remarquable," précise Franck Faucher, ingénieur en archéologie à la Direction régionale des affaires culturelles. Malheureusement, cette pratique illégale compromet gravement la compréhension archéologique des sites. "Un objet précieux, isolé de son contexte, perd de sa signification pour nous," déplore-t-il.
Avec l'avènement de détecteurs de métaux plus performants, capables de descendre à une plus grande profondeur, les fouilles illégales menacent la pérennité de nombreux sites. "Extraire un objet d'époque romaine, par exemple, peut endommager des vestiges médiévaux situés plus haut," alerte le spécialiste. Les objets découverts seront prochainement envoyés dans un centre de conservation pour études, avant d'être exposés dans plusieurs musées de Bourgogne.







