À une dizaine de kilomètres au sud de Dijon, la commune de Longvic souffre d'une perte d'attractivité alarmante. Sous un ciel gris et pluvieux, le centre-ville apparaît dépeuplé. "Il n'y a plus d'ambiance, plus de commerces, plus rien. C'est une ville morte", déclare José, qui a vu la ville changer en 35 ans de résidence. "C'était beaucoup plus animé avant", ajoute-t-il.
Ce constat partagé par de nombreux habitants souligne l'importance d'aborder ces attentes lors des prochaines élections municipales. Les deux principales listes en lice sont menées par la maire sortante, Cécile Tonot (PS), et Valérie Grandet (droite). José espère que le futur élu pourra "développer les activités à Longvic". Pour lui, un nombre accru de commerces serait vital : "Les commerces apportent vie et dynamisme à un village".
Un centre-ville en déclin
Ce sentiment de négligence est également ressenti par Brigitte, une retraitée qui se précipite pour se mettre à l'abri dans un supermarché. Après 30 ans dans la ville, elle se remémore les foires et l'effervescence passée : "C'était super, formidable. Aujourd'hui, il n'y a plus rien". Le Café du Pont, seul vestige parmi une vingtaine de commerces restants, reste animé par des habitués. Annie, la tenancière, constate que les clients sont nombreux à se déplacer vers d’autres villes pour leurs besoins spécifiques : "Il n’y a pas de magasins de vêtements ou de cadeaux ici".
Annie indique également que l’implication de la mairie est faible. "La maire n'est jamais venue. Pourtant, je suis commerçante ici, et je veux faire partie de la ville", dit-elle. Cécile Tonot répond en affirmant que son équipe s'efforce d’interagir avec les commerçants, mais le sentiment de déconnection persiste.
Sous-financement et isolement
Un autre obstacle à la revitalisation du centre-ville provient d’un budget de plus en plus contraint par l'État. "Le manque de visibilité sur les fonds futurs rend difficile la planification de projets ambitieux", explique Tonot. De son côté, Valérie Grandet défend son programme en proposant de renforcer les synergies entre commerces éloignés. Elle souhaite également instaurer un office municipal des loisirs.
Un CRA en projet
La construction d’un centre de rétention administrative (CRA) sur l’ancienne base aérienne de Longvic est un autre thème sensible dans cette campagne. Le projet, jugé inquiétant par une partie de la population, vise à accueillir des étrangers en situation irrégulière. Grandet souligne le risque accru d’insécurité que cela pourrait engendrer, tandis que Tonot évoque les droits humains des personnes concernées. "Ce ne sont pas des délinquants", précise-t-elle.
Le collectif AntiCRA Dijon s’oppose fermement au projet, appelant à l’humanité dans le traitement des personnes retenues. Agnès Denis, membre du collectif, insiste sur l'importance d'aborder les enjeux humains dans les élections : "C’est une question de droits humains et il faut que nous utilisions ces élections pour gagner un peu d'humanité".
Le CRA devrait ouvrir ses portes à l'automne 2027, marquant un tournant potentiel pour la ville. La mobilisation des habitants et des candidats lors de ces élections pourrait déterminer l'avenir de Longvic et de ses commerces.







