Les nouveaux retraités français profitent d'une situation financière meilleure qu'auparavant, même si l'âge de départ à la retraite s'est considérablement allongé. Cependant, cette avancée cache des disparités marquées selon le sexe, la localisation et les parcours de vie.
À la fin de 2017, 16,2 millions de Français touchaient une pension de retraite, hors réversion. Par rapport à 2016, la France a enregistré 708 000 nouveaux retraités, selon la Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques). En général, leurs conditions de vie se sont améliorées par rapport aux générations précédentes.
Une évolution de l'âge de départ à la retraite
Les néo-retraités d'aujourd'hui vivent plus longtemps, leur temps de repos est donc prolongé. La plupart des retraités de 2015 et 2016 affirment avoir pris leur retraite à l'âge désiré. La génération née en 1951 pourra profiter en moyenne de 26 ans de retraite, soit un an et demi de plus que ceux nés en 1940. Malgré les réformes de 2010, qui ont retardé l'âge de départ moyen de 60,5 ans à 62,1 ans en 2017, les futures générations auront une durée de retraite espérée similaire. La Drees signale que, malgré une espérance de vie légèrement plus élevée, la durée de retraite sera comparable.
Des revenus en hausse mais des disparités marquées
Les conditions financières des nouveaux retraités se sont nettement améliorées. Le rapport note une augmentation de 30 % de la pension moyenne, hors réversion, entre les générations de 1930 et de 1950. Cette amélioration est attribuée à la montée du salariat et à la hausse du niveau de qualification. En 2017, la pension brute mensuelle moyenne s'élevait à 1422 €. En un an, la pension a grimpé de 0,9 % en euros constants et de 4,6 % depuis 2012, reflétant l'arrivée de nouveaux retraités mieux rémunérés. Le niveau de vie des retraités s'avère légèrement supérieur à celui de l'ensemble de la population.
Cependant, cette amélioration ne masque pas les importantes inégalités de revenus au sein de cette catégorie. En effet, 20 % des retraités les plus riches ont un niveau de vie trois fois supérieur à celui des 20 % les plus modestes. Des facteurs tels que le statut professionnel, la durée de carrière, ou le niveau de salaire influent considérablement sur ces différences. De plus, les retraités vivant en Île-de-France affichent des revenus supérieurs de 20 % à 40 % à ceux de la moyenne nationale, tandis que les habitants du Massif central et du Nord se situent en dessous. Les femmes, souvent confrontées à des carrières morcelées et rémunérées moins favorablement, gagnent en moyenne 38 % de moins que les hommes.
Des parcours de vie diversifiés
Près de 46 % des Français atteignent la retraite après avoir connu une période de chômage ou d'inactivité. D'ailleurs, 38 % des femmes perçoivent une pension mensuelle brut inférieure ou égale à 1000 €, contre 23 % des hommes. En 2016, un retraité sur cinq du régime général touchait le 'minimum contributif', soit moins de 700 €. Contrairement au 'minimum vieillesse', qui se base sur les ressources du ménage, le 'minimum contributif' s'adresse à ceux qui ont cotisé, mais dont les salaires étaient trop faibles. Les derniers mois de carrière sont donc souvent compliqués, impactant la retraite.







