Les voyageurs pourraient bientôt avoir la possibilité d'acheter des billets pour des trajets gérés par Trenitalia ou Renfe directement via l’appli SNCF Connect. Une nouvelle mesure transpartisane a été adoptée par le Sénat, visant à encourager la SNCF à intégrer les billets de ses concurrents sur son application d'ici 2028. Cette initiative, soutenue par plusieurs sénateurs, souligne l'importance de privilégier l'intérêt des usagers.
Selon un rapport issu des travaux d'une mission d’information en cours au Sénat sur la billettique, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a exprimé son soutien à cette démarche, précisant que le gouvernement « favorise une simplification des parcours digitaux pour les usagers » et aspire à une offre ferroviaire « plus accessible et diversifiée ». Un compromis a été obtenu pour fixer le démarrage de cette nouvelle politique au 31 décembre 2027.
Jacques Fernique, sénateur écologiste, a félicité cette mesure, soulignant qu'elle pourrait « faire primer l’intérêt des usagers sur des logiques strictement commerciales ». Didier Mandelli, représentant des Républicains, a également insisté sur la nécessité d’assurer que l’ouverture à la concurrence « ne se transforme pas en chaos pour l’usager ».
Néanmoins, des inquiétudes subsistent. Certains élus craignent que cette mesure n’entraîne une déstabilisation de la SNCF, appelant à une gestion de ce dossier à un niveau européen. « Nous n'avons pas le luxe de faire de la SNCF le rat de laboratoire de la Commission européenne », a déploré Daniel Fargeot, centriste au Sénat.
Les énormes besoins en infrastructures
Le Sénat a aussi validé une autre disposition garantissant un « droit à la poursuite du trajet en cas de correspondance manquée », ce qui appliquera aux billets achetés dans le cadre d’une seule transaction, même si ces derniers sont gérés par des opérateurs différents. Cette garantie ne génèrera pas de coûts additionnels pour les usagers.
Le projet de loi-cadre sur les transports, qui examine les besoins urgents de financement pour moderniser les infrastructures ferroviaires, est actuellement en discussion. Un vote solennel est programmé pour le 28 avril, avant que le texte soit envoyé à l'Assemblée nationale.







