Depuis le 4 mars dernier, la tour Pradier, située dans le quartier de la Rabière à Joué-lès-Tours en Indre-et-Loire, est au cœur d'un ambitieux projet de déconstruction. Érigée en 1971, cette imposante bâtisse de neuf étages, qui était inoccupée, avait vu ses 53 familles relogées avant le début des travaux. Le chantier est prévu pour s'achever d'ici fin juin.
Si des bruits de débris résonnent près de l'arrêt de tramway Bulle d’Ô, il est essentiel de garder son calme. Ce sont les travaux de démolition de la Tour Pradier qui sont en cours, générant un nuage de poussière blanche en raison de la chute des gravats. Chantal, une résidente de longue date du quartier, partage ses impressions : "C'est quelque chose de bizarre à voir. Oui, il y a beaucoup de bruit, mais ce qui est le plus gênant, c'est la poussière ; avec mon mari, nous souffrons d'allergies, cela nous cause des irritations aux yeux".
Au sommet de la tour, une pelleteuse s’active, grignotant la structure progressivement. Cette technique, appelée écrêtage, consiste à déconstruire l’immeuble étage par étage. L'opération peut sembler longue, chaque niveau nécessitant environ deux semaines pour son retrait, contrairement à deux jours habituellement utilisés pour la démolition traditionnelle. Ce choix a été fait en raison de la proximité du tramway, qui passe à moins de cinq mètres du bâtiment.
Ce chantier est le fruit d'une collaboration entre la municipalité de Joué-lès-Tours, Tours Métropole Val de Loire, le Conseil départemental d’Indre-et-Loire, le Conseil régional Centre-Val de Loire, et le bailleur social Val Touraine Habitat. Plusieurs élus, dont Frank Nicol, directeur général de Val Touraine Habitat, sont venus visiter les lieux mardi. "Nous avons la volonté d'avancer avec prudence pour minimiser les désagréments pour les riverains", a-t-il déclaré.
Un sentiment mitigé chez les habitants
Pour certains, la démolition de la tour est semblable à un soulagement. Chantal évoque les problèmes liés à la structure : "C'était urgent ; il y avait de réels problèmes de drogue", un sentiment qui est également partagé par Frederick Augis, le maire de Joué-lès-Tours. "La tour était devenue un lieu de refuge pour ceux qui voulaient s'adonner à des activités malveillantes", précise-t-il. Il plaide en faveur de constructions plus modestes à l'avenir : "On doit envisager des projets avec des immeubles plus bas et des espaces communautaires".
Cependant, tous les habitants ne voient pas d'un bon œil cette transformation. Une résidente anonyme se rappelle : "C'était un lieu vivant. Ça me fait de la peine d'imaginer sa disparition car beaucoup d'entre nous avions tissé des liens." Elle exprime néanmoins un espoir : "Mais cela nous laissera de l'espace pour les enfants, des lieux de rencontre, et c'est ce que nous attendons".
Au terme de ce projet, prévu pour s’achever en juin, la Tour Pradier aura totalement disparu, laissant place à un espace réaménagé et revégétalisé, symbole d’un nouveau départ pour le quartier.







