Le géant industriel Allemand, Siemens, a lancé un appel urgent ce lundi pour des réformes destinées à alléger les normes entourant l'intelligence artificielle (IA) en Europe. Dans une période où l'entreprise investit massivement dans ce domaine, elle met en garde contre le risque d'un retard accru du continent face à ses concurrents mondiaux.
« Pour établir notre position de leader dans l'IA industrielle, des changements significatifs sont impératifs. Si nous restons inactifs, l'innovation et la croissance continueront de se déplacer vers d'autres régions, augmentant ainsi notre dépendance », a souligné un représentant de Siemens à l'AFP, à l'occasion de l'ouverture de la foire de Hanovre, laquelle est considérée comme un des principaux événements mondiaux pour l'industrie.
Les récents défis se trouvent dans les complexités liées à l'application des règles, notamment avec des contraintes supplémentaires concernant l'IA qui pourraient entraîner des « double contrôles, des exigences conflictuelles et un excès de bureaucratie », tout en n'améliorant pas la sécurité, selon cette source.
Ces remarques s'inscrivent dans le prolongement des déclarations de Roland Busch, président de Siemens, qui a affirmé dans une interview accordée à Bloomberg que son groupe privilégierait les investissements dans l'IA aux États-Unis et en Chine, sauf si l'Union européenne revoyait ses réglementations jugées trop restrictives.
Busch a critiqué le règlement européen sur l'IA (AI Act) et le Data Act, estimant qu'ils ratent leur objectif en considérant l'IA industrielle comme des applications grand public. « Je ne peux pas justifier à mes actionnaires pourquoi je devrais investir dans des secteurs déjà réglés par des normes sectorielles spécifiques », a-t-il ajouté.
Le règlement européen sur les machines, déjà en vigueur, fournit un cadre légal suffisant, car il impose aux fabricants d'équipements industriels, y compris Siemens, de tenir compte des risques liés aux systèmes autonomes. Cette vision a été réaffirmée par le porte-parole du groupe.
En réponse à ces préoccupations, le chancelier Friedrich Merz a assuré lors de son discours à Hanovre qu'il s'engagerait à « simplifier la réglementation européenne de l'IA ». « Nous ne pouvons plus continuer ainsi », a-t-il rajouté, soulignant l'urgence de la situation.







