Dans une récente déclaration, Vincent Bolloré a affirmé que Grasset "continuera" malgré une vague de départs d'auteurs, qualifiant ceux qui s'opposent à lui de "petite caste". C'est dans le Journal du Dimanche, un des titres de son empire médiatique, qu'il a fait entendre sa voix, répondant ainsi aux critiques qui s'intensifient autour de la maison d’édition.
Cette situation a été exacerbée par la démission d’Olivier Nora, ancien PDG de Grasset, qui avait joué un rôle clé dans la préservation de l'indépendance éditoriale après le rachat d'Hachette par Bolloré en 2023. Environ 170 auteurs, incluant plusieurs figures de proue comme Leïla Slimani et Virginie Despentes, ont réagi en refusant de publier de nouveaux ouvrages, criant au scandale sur une prétendue "atteinte à l'indépendance".
Bolloré a répondu avec véhémence, soulignant que cette fronde provenait d'une "petite caste" qui s'estime au-dessus des autres. Il a également précisé que la décision de Nora résultait d'un "différend" concernant la publication du prochain livre de Boualem Sansal, qui doit sortir le 6 juin prochain. Ce dernier, assure-t-il, respecte les directives de Hachette, qui est le véritable propriétaire de Grasset.
En évoquant le faible rendement économique de Grasset et des augmentations salariales pour le personnel (Nora inclus), Bolloré a annoncé que celui-ci serait remplacé par Jean-Christophe Thiery, un proche allié. Malgré le tollé des écrivains, il maintient que les départs entraîneront des opportunités pour de nouveaux talents.
Concernant les critiques sur ses orientations politiques, Bolloré a réitéré son identité de "chrétien démocrate" et a promis que Grasset continuera de publier des auteurs variés. Les voix dissidentes ont cependant continué de s’amplifier, un appel ayant été lancé pour instaurer une clause de conscience dans le secteur, similaire à celle existant pour les journalistes.
Les signataires de cette initiative dénoncent un environnement où les employés doivent accepter des changements qui vont à l'encontre de leurs convictions morales. À cette lutte se joint des personnalités politiques, y compris Jean-Luc Mélenchon, qui plaide pour une liberté de choix au sein des entreprises médiatiques.
Depuis plus d'une décennie, Bolloré mène une politique de concentration dans le secteur média, incluant Canal+, Prisma Media et plusieurs autres acteurs influents. Ses médias sont souvent accusés de biais idéologique, bien qu'ils contestent fermement ces accusations. La tension qui règne actuellement autour de Grasset est emblématique d'un débat plus large sur la liberté d'expression et le contrôle éditorial dans la France contemporaine.







