Stellantis : l'usine de Poissy vit ses derniers instants

La fin de la production automobile à Poissy soulève des inquiétudes parmi les salariés.
Stellantis : l'usine de Poissy vit ses derniers instants
La dernière usine de voitures d’Île-de-France cessera de produire des DS3 et des Opel Mokka d’ici à 2028. AFP/Simon Wohlfahrt

Le constructeur Stellantis a récemment confirmé qu'il mettra fin à la production de véhicules dans son usine de Poissy, située dans les Yvelines, d'ici 2028. Cette décision, que beaucoup de salariés jugent amère, marque la fin d'un chapitre crucial pour la région, malgré des promesses de reconversion du site.

« Poissy, ça continue », affirme Stellantis, une déclaration qui ne parvient pas à apaiser les inquiétudes des employés. Nombre d'entre eux expriment leur colère face à cette situation. Un ouvrier a déclaré avec frustration : « C'est du foutage de gueule », reflétant ainsi la désillusion ambiante.

Cette usine, la dernière à produire des voitures en Île-de-France, cessera de fabriquer des modèles comme la DS3 et l'Opel Mokka, deux véhicules dont la commercialisation n'a pas été un franc succès. Selon un représentant de la direction, le site continuera d'exister en produisant des pièces de carrosserie. Cependant, pour les travailleurs, cela équivaut à un changement brutal de leur cœur de métier.

Pourquoi cette décision ?

La décision est attribuée à une « réorganisation stratégique », expliquent des experts. Stellantis est confronté à une forte baisse des ventes en Europe, avec une chute de près de 20 % des immatriculations de véhicules particuliers depuis 2019. Du coup, les lignes de production vieillissantes de Poissy, qui n’ont pas bénéficié d’investissements récents, sont devenues un fardeau pour le groupe.

Les experts soulignent également un retard notable en matière de modernisation. Un visiteur régulier du site a observé que peu de robots et une digitalisation insuffisante rendent l'usine obsolète.

Un timing stratégique ?

Cette annonce ne semble pas avoir été prise à la légère. Certains évoquent des pressions politiques qui auraient poussé Stellantis à agir avant les prochaines élections présidentielles. D'autres analysent cela comme une purge des mauvaises nouvelles, précédant la présentation d'un plan stratégique par le directeur général Antonio Filosa.

Des réflexions internes font surface, remettant en question la viabilité de certaines marques du groupe comme DS Automobiles et Maserati, dans une optique de rationalisation et de réduction des coûts.

Une page d’histoire qui se ferme

Autrefois, dans les années 1970, Poissy était un pilier de la production automobile avec plus de 27 000 employés. Aujourd'hui, il ne reste que 2 000 ouvriers, un chiffre qui risque de chuter davantage dans les années à venir.

Et après ?

Stellantis prévoit d'investir 100 millions d'euros d'ici 2030 pour transformer Poissy en un pôle d'emboutissage et de démantèlement. Toutefois, des syndicats demeurent sceptiques quant à la durabilité de ces changements.

Poissy-Flins, une similitude troublante ?

Le cas de l'usine de Poissy rappelle le modèle de Renault à Flins, qui a converti son site en une usine de reconditionnement de véhicules d'occasion. Stellantis, de son côté, conserve encore trois sites de production en France.

Quel avenir pour les salariés ?

Avec la réduction des effectifs, Stellantis promet d’éviter les licenciements par une gestion soigneuse des âges des travailleurs. Cependant, de nombreux salariés craignent que ces promesses ne se réalisent pas.

Impact sur la sous-traitance

Cette décision aura inévitablement des conséquences sur l'ensemble de l'écosystème de sous-traitants, entraînant des difficultés économiques pour un grand nombre d'entre eux.

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