Mercredi, les marchés boursiers à l'échelle mondiale affichent une prudence palpable, marquée par le prolongement indéfini de la trêve au Moyen-Orient. Le détroit d'Ormuz, un axe vital pour l'approvisionnement pétrolier, reste fermé en pleine saison de publication des résultats financiers des entreprises.
En Europe, à 13H45 GMT, on note une baisse de 0,42% à Paris, 0,22% à Francfort, et 0,10% à Londres, tandis que Milan affiche une légère progression de 0,07%.
De l'autre côté de l'Atlantique, Wall Street voit le Dow Jones amorcer un rebond de 0,76%, le Nasdaq progresser de 0,77%, et l'indice S&P 500 enregistrer une hausse de 0,68%.
Selon Daniela Hathorn, analyste chez Capital.com, "les marchés évoluent dans un équilibre fragile, entre un sentiment en amélioration et la persistance des risques géopolitiques".
Sur le marché pétrolier, indicateur clé de la confiance des investisseurs, une légère hausse a été observée. Le Brent, référence du brut européen, a gagné 1,45% pour atteindre 99,91 dollars le baril, tandis que le WTI a progressé de 1,63% à 91,13 dollars.
"Les annonces de cessez-le-feu et la réouverture sporadique du détroit d'Ormuz n'ont pas éliminé les inquiétudes concernant l'approvisionnement", ajoute Mme Hathorn, soulignant les perturbations persistantes qui maintiennent une prime de risque sur les marchés de l'énergie.
Le président américain Donald Trump a annoncé mardi le prolongement de la trêve actuelle avec l'Iran, instaurée le 8 avril, tout en précisant que le blocus sur les ports iraniens serait maintenu. Malgré cela, les marchés restent sur la défensive, comme le souligne John Plassard de Cité Gestion : "Le risque n’a pas disparu, il a simplement été repoussé, maintenant les investisseurs dans une zone d'incertitude".
Dans ce climat, les marchés boursiers affichent une résilience étonnante alors que la saison des résultats d'entreprises bat son plein, selon Daniela Hathorn. "Les investisseurs semblent plus préoccupés par la direction future du risque que par le niveau actuel de tension géopolitique".
À Wall Street, Boeing a annoncé des résultats supérieurs aux attentes pour le premier trimestre, avec une hausse de 3,93% à 13H45 GMT, bien que l'entreprise ait enregistré une perte nette de 90 millions de dollars. Tesla, qui publie ses résultats ce jour, est attendu pour voir une augmentation de 13 à 17% de son chiffre d'affaires par rapport à l'année précédente.
En Europe, ASM International, un acteur clé dans le secteur des puces électroniques, a vu son action grimper de 6,45% après des prévisions optimistes pour le chiffre d'affaires, soutenues par la demande en intelligence artificielle. En revanche, Eurofins Scientific a subi une chute de plus de 11% après la publication de chiffres décevants pour le premier trimestre.
Alors que la reprise des marchés est encouragée, les inquiétudes pour l'inflation persistent. Au Royaume-Uni, le taux d'inflation a atteint 3,3% en mars, contre 3% en février, en raison de la flambée des prix des hydrocarbures. Emma Wall, responsable de la stratégie d'investissement chez Hargreaves Lansdown, estime qu'il est peu probable qu'une seule statistique incite la Banque d'Angleterre à modifier son taux directeur lors du prochain conseil.
Le taux d'intérêt à dix ans au Royaume-Uni reste stable à 4,87%, tandis qu'en Allemagne, il est fixé à 2,99%. Cette tension continue entre les résultats d'entreprises et les préoccupations géopolitiques est sans doute un signal pour les investisseurs à rester vigilants.







